Les opposants à la réforme des retraites ont manifesté à nouveau partout en France hier mardi, pour une dixième journée d’action à haut risque avec “nettement plus” de jeunes remontés contre un gouvernement inflexible, et un dispositif de sécurité “inédit”, rapporte l’AFP. L’épreuve de force se prolonge. Cinq jours après un regain de mobilisation, terni par de nombreux débordements, le mouvement social repart pour un tour. Avec son lot habituel de grèves et de blocages. Pour “trouver une voie de sortie” à la crise sociale, le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a appelé hier mardi sur France Inter à mettre en place une “médiation” sans attendre la décision du Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer d’ici trois semaines sur le projet de loi. Une proposition partagée par les autres syndicats, qui vont ensemble “écrire au président de la République” Emmanuel Macron, pour lui demander une nouvelle fois “de suspendre son projet”, a précisé le leader de la CGT, Philippe Martinez depuis Clermont-Ferrand. Sur le terrain, l’opposition à la réforme reste vive. Le périphérique de Rennes était ainsi congestionné vers 8h00 avec “six points de blocage” et même une “intervention des pompiers” pour un feu, selon a préfecture d’Ille-et-Vilaine. Circulation compliquée aussi à Nantes, avec “plusieurs kilomètres de bouchons”, et à Caen où la route était “coupée dans les deux sens” d’après Bison Futé. Pour ne rien arranger, plus de 15% des stations-services du pays sont à court d’au moins un carburant, conséquence de l’arrêt de cinq des sept raffineries du pays. Le trafic ferroviaire était également perturbé, avec trois TGV sur cinq et un TER sur deux en moyenne selon la SNCF. Au désespoir de Yasmine Mounib, 19 ans, étudiante en BTS à Cambrai, levée à 4 heures du matin pour un cours qu’elle va quand même rater: “C’est en train de me coûter ma scolarité”. Difficultés aussi dans les transports parisiens, où la RATP a réduit le trafic sur la plupart des lignes de métro et de RER. En surface, 7.300 tonnes de déchets jonchaient encore les trottoirs de la capitale.





