
Connue à Yathrib, avant même l’Hégire, comme une habile guérisseuse et une soignante à laquelle tout le monde faisait recours, que ce soit pour un accouchement, une fracture ou une maladie plus grave, elle fut le médecin de la ville. Dieu lui avait accordé ce don et elle en avait conscience. C’est pourquoi, dès l’arrivée du Prophète à Médine, elle se hâta d’aller le voir et embrassa l’Islam immédiatement.
Rufaida (ou Rufayda) Al-Aslamia des Bani Aslam de la tribu de Khazraj est la fille de Saad Al-Aslami qui était un médecin et un mentor sous le contrôle de qui Rufaida a acquis une expérience clinique. Elle devint même l’infirmière préférée des musulmans qu’elle accompagnait parfois dans les expéditions militaires. C’est ainsi quelle soigna les blessés de la bataille de Badr.
Elle prit sa place dans l’entourage de l’Envoyé de Dieu, parmi les Compagnons, et commença une nouvelle phase de sa vie où la prière et les dévotions occupèrent une place de choix ! Le Prophète l’autorisa à continuer d’exercer son « art » dans l’intérêt des gens.
Lors de la bataille de Khaybar Rufayda eu la permission du Prophète pour accompagner l’armée et apporter les premiers soins aux blessés. C’est ainsi que le prophète lui accorda une part du butin égal à celles des soldats qui avaient combattue durant la guerre.
Elle installa une tente dans la cour de la mosquée de Médine, équipée du nécessaire pour administrer les premiers soins aux blessés et aux malades. Le Prophète venait prendre de leurs nouvelles et ses visites la motivaient davantage dans l’accomplissement de cette tâche. Il en fut de même pour les blessés de la bataille de Uhud qui furent ramenés à Médine et qu’elle soigna avec le plus grand dévouement.

Lors de la bataille du Fossé qui, rappelons-le, eut lieu à Médine, elle installa sa tente juste derrière les lignes des musulmans pour être au plus près du champ de bataille. Le premier blessé qu’elle reçut fut Sa’d ibn Mu’adh, atteint par une flèche au bras. Le Prophète ordonna aux Compagnons de mettre Sa’d dans la tente de Rufayda afin de veiller sur lui. De temps en temps, il venait le voir pour s’enquérir de son état et encourager au passage la vaillante infirmière qui se démenait pour le sauver. Mais le destin de Sa’d était scellé et il rendit l’âme, en martyr, sous la tente de Rufayda. Elle fut encore présente lors du siège de Khaybar, avec sa tente – un véritable hôpital – prête à secourir les blessés. Le Prophète la félicita et invoqua Dieu en sa faveur. Ce fut là pour elle la meilleure des récompenses. Le Prophète récompensa plusieurs fois la noble Rufayda pour avoir effectivement participé à la bataille, mais elle était seulement motivée par la défense de l’Islam.
Chaque année, le Royal College of Surgeons d’Irlande de l’Université de Bahreïn décerne à un étudiant le prestigieux prix Rufayda Al-Aslamia pour les soins infirmiers. Ce prix en sciences infirmières est décerné à un étudiant qui se distingue par son excellence en matière de soins infirmiers prodigués aux patients.




