A Nabarouh, au cœur du Delta du Nil, on pourrait se croire dans une ville côtière tant les rues parsemées d’échoppes exhalent un puissant fumet : le parfum typique du poisson salé et fermenté que les Egyptiens appellent le fessikh. La technique est la même depuis le temps des pharaons: ce poisson d’eau douce est d’abord séché puis plongé dans du sel plusieurs semaines avant d’orner la table des Egyptiens qui s’en délectent malgré son odeur qui vous prend au nez. “Les Egyptiens de l’Antiquité salaient le poisson pour étendre sa durée de conservation, les ouvriers pouvaient ainsi s’en nourrir pendant qu’ils construisaient les pyramides”, affirme le très médiatique archéologue Zahi Hawass qui dit avoir retrouvé des traces de ce poisson salé lors de fouilles. De nos jours, si ce plat –et surtout son odeur– divise, il n’en reste pas moins une incontournable des célébrations de Cham al-Nessim, qui a eu lieu lundi cette année.





