Clin d’œil
Par Samir Abdel-Ghany
Je me suis rendu avec les artistes Galal Gomaa et Mervat Chazli à l’exposition « Paysages » du chirurgien à la galerie Grant. Un paysage artistique inédit et des compétences fascinantes. J’avais déjà visionné les œuvres de l’artiste sur sa page Facebook avec admiration. Et, j’ai ressenti une profonde honte qu’un artiste aussi talentueux n’ait pas marqué ma mémoire visuelle. On s’est mis d’accord de faire une interview.
« J’ai 59 ans. J’ai commencé à l’âge de 9 ans. Cela fait près de 50 ans que je pratique l’art en apprenant par l’erreur. Je n’ai pas fait des études académiques, je suis un autodidacte. A l’Université, j’ai eu la chance de rencontrer Dr Ahmed Nawar, l’un de mes professeurs qui s’est fait opérer dans l’un de nos hôpitaux. Je lui ai alors montré mes dessins et il m’a dit : « Vous allez me soigner ou être mon concurrent. C’était le premier témoignage dans le monde art. Et, Dr Nawar m’a aidé à tenir une exposition à l’Atelier du Caire », a-t-il dit.
« Puis, est venu le soutien de l’artiste Mohamed Sabri. Il avait une exposition à l’Opéra du Caire. J’ai pris quelques-unes de mes œuvres et je lui ai demandé de choisir les meilleures. Il me les a rendues et m’a dit : « Vous êtes la personne la mieux placée pour faire le tri ». C’était pour moi le second témoignage », a-t-il ajouté.
Et l’artiste de poursuivre : « Je considère l’artiste Mohamed Al-Tahan comme mon mentor. Je me suis découvert en recourant à l’aquarelle, à l’huile, la gouache, l’acrylique. Il m’a aidé à faire la connaissance des artistes Réda Khalil, Fathi Ali, Mahmoud Abdel-Mégoud, lorsque j’ai pris à l’Association civile des Beaux-Arts. Je suis me rappelle l’ancien siège à l’adresse 50 rue Qasr Al-Nil. Cette Association était le lieu où j’ai tout appris sur l’art. C’était également le siège de l’Association égyptienne de photographie qui était l’une des sources de mon plaisir ».
Autour de la critique, il a dit : « Parmi les grands critiques dont je ne peux oublier le mérite figure le grandissime Kamal Al-Goweili. Il encourageait les artistes qui n’avaient pas reçu une chance de faire des études académiques d’art. Il trouvait que cette catégorie d’artistes déployait davantage d’efforts. Il était responsable de choisir les collections des musées. A l’une de mes expositions, il a pris l’une de mes œuvres et l’a proposé à la collection du musée de l’art moderne. Tel était le plus grand témoignage autour de mon art »
Quant à « sa culture visuelle », il a renchéri : « Chaque jour, je dois visionner des œuvres d’art, et je dois pratiquer le dessin et la peinture, même si c’est durant ma présence à la clinique avec de simples outils tels que les crayons et le papier pour m’exprimer ou faire ressortir des idées qui seront développées plus tard ».
Et d’ajouter : « Je lis dans l’histoire de l’art et je prends part souvent à des ateliers sur Internet. J’avais aussi l’habitude de me rendre au centre culturel britannique à Agouza, et au centre culturel américain à Garden City, puis j’empruntais des livres artistiques. D’ailleurs, je considérais les couvertures de magazines « Sabah El-Kheir » et « Rosa El-Youssef » comme étant un vrai mentor. A travers, ces magazines, j’ai fait la connaissance d’artiste à l’instar de Salah Jahine, Georges Bahgouri, Ragaï Wanis, Gamal Kamel, Hassan Fouad, etc… L’art et la créativité sont à portée de ceux qui souhaitent et qui veulent apprendre ».
Et de renchérir : « J’ai vite compris que la vraie beauté réside dans la simplicité et la simplification. J’utilise un grand pinceau pour décrire les plus simples détails. J’essaye d’établir un dialogue entre les couleurs pour donner une vraie richesse à mon œuvre d’art et pour en faire une source de joie ».
Je suis ravie d’avoir rencontré un véritable artiste. L’exposition se poursuit jusqu’au 15 juin.








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