10 ans se sont déjà écoulés depuis la Révolution du 30 juin. L’histoire a inscrit dans ses annales que la femme y était aux premiers rangs. Tous les droits qui ont suivi la Révolution lui appartiennent. Son pari gagnant avec sa conscience et son sens inné du patriotisme et l’affirmation de sa parole et de sa volonté.
La femme a été la première cible des Frères. Mais elle a vite fait de sentir la menace et l’a utilisée à son avantage. Faisant fi des menaces à l’époque, elle a participé en nombre sans précédent de tout âge à la Révolution. Pourquoi étaient-elles sur scène ? Quelles étaient leurs revendications et rêves et comment les ont-elles réalisés ?
La députée Soheir El-Hadi, membre de l’ancienne Chambre des représentants, déclare : « La révolution de juin est survenue deux ans après la révolution de 2011, lorsque les sentiments de peur, d’anxiété et de perte dominaient la plupart des personnes. La femme comptait alors parmi les catégories les plus touchées par ces sentiments. Elles voulaient épargner le sang de leurs enfants et espéraient la sécurité, la paix, la stabilité et la réinstauration de l’État égyptien. C’était le motif principal de leur sortie massive pour la réclamation de ces droits constitutionnels. »
Si la Révolution du 30 Juin a permis de sauver l’identité de l’Egypte, elle a aussi rapporté à l’Egypte l’un des acquis les plus importants, à savoir la Constitution. Adoptée le 15 janvier 2015 suite à un référendum, elle a entériné le principe de la citoyenneté et a accordé par ailleurs à la femme des droits bien plus larges que ceux de la précédente Constitution, votée sous le régime des Frères. C’est ce qu’explique l’ancienne députée. Selon elle, « la Constitution a redonné aux femmes, leur statut perdu sous le régime des Frères musulmans, qui, au contraire, visait à les marginaliser ».
Quant à Nesrine EL Boghdady, ancienne directrice du Centre national de recherches criminelles et sociales, elle souligne que lors de la plus grande révolution de l’histoire, elle a été à la troisième ligne de défense après l’armée et la police pour protéger les institutions ouvrières, leurs enfants et leurs acquis, pour lesquels elles ont lutté pendant près de cent ans.
Dans les années qui ont suivi la révolution du 30 juin et la guerre de l’Égypte contre le terrorisme, elle a présenté ses fils comme martyrs pour la patrie.
Elle est la femme inébranlable dans les situations, les crises et les difficultés. C’est celle qui apprécie les efforts de l’État, qui est consciente de tous les défis qui l’entourent. C’est pourquoi, elle a mérité toute l’appréciation et le soutien de l’Exécutif qui croit en ses capacités.
Ensuite, elle a obtenu des droits et des gains sans précédent. Il faut reconnaître que ce que la femme égyptienne a obtenu pendant une décennie est inédit. Il lui reste de s’efforcer de développer ses capacités et ses compétences et à travailler pour changer les mentalités stagnantes qui restreignent et entravent l’autonomisation souhaitée.

L’écrivaine, Farida al-Choubachi, estime que la sortie des femmes mais aussi des jeunes, a eu un rôle vital et majeur dans le succès de la révolution afin de protéger l’Égypte de la fragmentation et des méfaits de la “Fratrie” terroriste.
En outre, le chef de l’Etat a vanté les mérites de la femme et l’a honorée dans toutes les célébrations et initiatives. Elle a pu, de ce fait, accéder à toutes les postes jadis impensables qu’ils puissent être occupés par une femme.
Le seul critère qui compte aujourd’hui est la compétence, pas le genre. C’est un témoignage très important pour l’avenir, pour l’Egypte dont nous rêvons et la Nouvelle République qui s’édifie par les bras de ses fils et filles.
Dr Dina Ahmed, chercheuse au département des études économiques et sociales du Centre de recherche « le désert », estime que la participation des femmes n’était pas limitée à un groupe d’âge spécifique.
Les femmes sont sorties pour déclarer que le patriotisme n’est pas lié à l’âge, et qu’être vieux ou jeune n’est pas un critère de participation. La représentation des femmes dans la Révolution du 30 juin comprenait toutes les classes. Celles qui ne pouvaient pas se rendre sur les places brandissaient des slogans exigeant le départ de la Confrérie d’en bas et de l’intérieur de leurs maisons.
2013-2023 : Dix ans d’autonomisation, d’intégration et d’affirmation
Le 30 juin 2013, en ce jour les Égyptiennes ont choisi le progrès plutôt que le recul, l’intégration plutôt que l’exclusion, et l’autonomisation plutôt que la discrimination, pour faire face aux défis historiques.
« L’histoire retiendra toujours que la Révolution du 30 juin est une Révolution pour rectifier le tir dans le dossier de l’autonomisation des femmes égyptiennes. Car elle a frayé la voie à une époque d’or pendant laquelle les femmes sont devenues rêveuses sans barrières et travaillant sans relâche, en raison de leur confiance sans borne dans un grand président et dirigeant qui rend tous les Egyptiens fiers. Merci, Monsieur le Président Abdel Fattah Al-Sissi, Président de la République. » C’est ainsi que s’est adressée Dr Maya Morsy, présidente du Conseil National de la Femme au Chef de l’Etat.
-Le dossier de l’autonomisation des femmes égyptiennes a connu un essor sans précédent aux niveaux local et international au cours des neuf dernières années. En juin 2014, une ère dorée a commencé pour les femmes égyptiennes pour les ramener à la vie grâce à l’existence d’une volonté politique qui croit que l’autonomisation des femmes est un devoir national. De ce point de vue, les droits constitutionnels des femmes ont été traduits en lois, stratégies et programmes exécutifs menés par des instances gouvernementales et non gouvernementales. Aucun discours politique officiel du Président n’a été dépourvu de l’éloge des femmes égyptiennes. C’est ainsi que l’expérience de l’Egypte dans le dossier de l’autonomisation de la femme et de l’égalité des sexes, est universellement admirée et louée.
– En 2016, le Conseil national des femmes a préparé la Stratégie nationale pour l’autonomisation des femmes égyptiennes 2030 dans le cadre des objectifs de développement durable.
La stratégie contient 34 indicateurs des objectifs de développement durable et se compose de quatre axes principaux :
• Autonomisation politique et leadership
• Émancipation économique
• Autonomisation sociale
• Protection
-Au cours des 9 dernières années, des femmes égyptiennes ont occupé des postes clés pour la première fois de leur histoire. On a pu voir la première femme conseillère du président de la République pour la sécurité nationale, la première femme présidente d’un tribunal économique, la première vice-gouverneure de la Banque Centrale, 2 femmes au poste de gouverneure, la première femme présidente du Conseil National des Droits de l’Homme. Les barrières ont été cassées avec l’arrivée des femmes au Conseil d’Etat et au Parquet pour la première fois depuis plus de 72 ans.

– En termes d’autonomisation économique et sociale, le pourcentage de femmes dans l’inclusion financière est passé à 27 % et les comptes de transaction à 47,5 % jusqu’à la mi-2021, et la participation des femmes au marché de travail a atteint 17,3 % en 2022.
L’Egypte a lancé deux de ses plus grands programmes de développement pour l’autonomisation sociale et économique et l’amélioration de la vie des citoyens masculins et féminins dont le premier est l’initiative de « Vie décente » et le second est « le développement de la famille égyptienne »
– Le plus grand programme de santé des femmes a été mis en œuvre au niveau des gouvernorats de la République. Dans le cadre de ce programme, les convois médicaux sillonnaient les villages pour effectuer gratuitement des examens médicaux pour les femmes et des examens de détection précoce.
– Les initiatives d’autonomisation et d’investissement dans les filles parrainées par Mme Intissar Al-Sissi pour promouvoir l’investissement dans les filles par le biais des programmes Dawy et Nora. Ces programmes créent un dialogue avec les filles pour leur permettre de s’exprimer.
– Le premier comité de coordination pour éradiquer les mutilations génitales féminines a été créé en Égypte, coprésidé par le Conseil National de la Femme(CNF) et le Conseil National de l’Enfance et de la Maternité(CNEM).
– En ce qui concerne la protection des femmes contre toutes les formes de violence et de discrimination, l’Égypte a adopté un ensemble de procédures et de politiques exécutives. Des cellules ont été mises en place pour lutter contre le harcèlement et la violence au sein des universités.
Des lois ont été décrétées pour pénaliser le harceleur.




