Par Samir Abdel-Ghany

Nagat Farouk est l’une des grands talents sauf qu’elle parle rarement d’elle-même. Peut-être par timidité ou par appréciation de l’art étant donné qu’elle reconnaît son rôle pour tracer le sourire sur les lèvres des gens ou encore pour développer la société. Elle a tenu plusieurs expositions : chaque exposition constitue un pas sur la voie de la gloire. Dans sa dernière exposition, elle a donné un grand intérêt à l’art de s’exprimer par le recours au tissu, aux fils et à l’aiguille. Elle a ainsi bâti ses rêves avec ses propres mains.
« L’idée du dessin par le recours au tissu a toujours été exploitée et c’est l’une des compétences essentielles que j’ai acquise à la Faculté. Cette compétence est de retour pour plusieurs raisons, entre autres, la douceur et le calme par lesquels se caractérise cet art. N’oublions pas que la femme par nature adore la contemplation. C’est un art qui nécessite de la persévérance et un effort continu pour mettre en place un chef d’œuvre. C’est ce qui m’a doté de patience et d’espoir en créant avec les outils les plus simples de l’art. Des outils simples qui sont justement des morceaux de tissus. C’est ainsi que l’art est devenu pour moi un rendez-vous quotidien qui ressemble à celui des amateurs de café avec leur boisson préférée », a-t-elle indiqué.
« Ce type d’art est basé sur la compétence. Je suis fort heureuse de la posséder en recourant à des outils et des techniques non-traditionnelles.








C’est ce qui m’a d’ailleurs permis d’obtenir un résultat différent, non pas sans grande surprise. Je peux parler d’une sorte de joie en jouant avec les différents outils à l’instar des fils, des bouts de tissu, des couleurs acryliques, voire des matériels et des compositions. Cette coordination entre tous ces éléments permet de créer une sorte d’harmonie en m’exprimant. C’est certainement un travail long et difficile puisque chaque toile prend entre trois à six mois pour être réalisée. Mais, c’est une vraie jouissance que je ressens quand je prends les tissus en main et que je commence à les mettre sur la toile et à ajouter des couleurs tout autour », a-t-elle renchéri.
Son art lui a attiré l’intérêt d’une pléiade d’artistes comme elle le reconnaît. « Parmi les artistes qui ont accordé un vif intérêt à mon art, je peux citer le grandissime Helmi El-Touni, Dr Safia Al-Qabani, Dr Khaled Sorour, l’incontournable Mohamed Abla, Dr Alia Abdel-Hadi, l’artiste Ikram Omar, Dr Amel Nasr, la critique et plastique Dr Jihane Fayez, Dr Mervat Al-Chazli, Sahar Al-Amir, Hala Chafei, outre les critiques Salah Bisssar, Dr Heba Al-Hawari, Suzanne Choucri et Samah Abdel-Salam ».
« Il n’y a pas de lien entre l’art d’Al-Khéyamia et le patchwork. Ce dernier est un art indépendant qui a des outils que je maîtrise. Chaque art à des outils et des thèmes différents qui sont même abordés par l’artiste de manière différente. Le patchwork est totalement différent : c’est l’art du dessin avec les couleurs, les tissus. On l’appelle aussi l’art des fibres et du textile » a-t-elle ajouté.
L’artiste a conclu en ces termes: « Cet art nécessite non seulement d’accorder un intérêt particulier aux détails tels que les fils, les morceaux de tissus, les couleurs, mais aussi de faire preuve de beaucoup d’imagination, de méditation, pour bien choisir les ornements et les tissus qui s’adaptent à chaque sujet. Je rêve d’un forum international qui regroupe tous les artistes spontanés et talentueux qui recourent aux tissus et aux fibres. Ce Forum pourrait redonner vie à un art qui s’aligne sur la simplicité et qui révèle au monde notre créativité, notre patrimoine, l’héritage de nos aïeuls. Bref, j’aimerais raconter mon histoire et être écoutée par le monde entier à travers des tableaux purement égyptiens ».




