Avez-vous déjà pensé que le stylo qu’utilise un haut responsable, doit avoir des spécifications et des critères précis ? Bien sûr que non. Récemment, des photos prises pour le Premier ministre britannique utilisant un stylo à encre effaçable ont soulevé les inquiétudes quant au sort des documents signés avec ledit stylo. Une erreur qui ne devrait pas être commise surtout par un haut responsable… mais voilà, personne n’est infaillible !
Par Névine Ahmed
Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, utilise un stylo à encre effaçable pour prendre des notes ou des remarques sur les documents officiels ou lors des réunions gouvernementales, révèle le journal “Guardian”, qui a évoqué les inquiétudes ressenties, à ce propos, notamment lorsqu’il s’agit d’importants secrets ou de documents classifiés au 10 Downing Street.
Plusieurs photos du chef du gouvernement britannique ont été prises pendant qu’il utilisait ces stylos jetables “Pilot V” alors qu’il exerçait ses fonctions au Cabinet britannique, dont récemment des photos prises lorsqu’il prenait des notes lors d’une réunion du Cabinet au mois de juin dernier.
Il a été également vu en train d’utiliser ce type de stylo alors qu’il travaillait sur des documents gouvernementaux et signait des lettres officielles à Downing Street, ainsi que lors des Sommets internationaux, notamment une réunion de la Communauté politique européenne en Moldavie au début du mois de juin, ajoute-t-on de même source.
Ce type de stylos, qui se vendent au prix de 4,75 livres sterling en Grande-Bretagne, portent l’étiquette d'”encre effaçable” et sont commercialisés par une société de papeterie japonaise comme étant des stylos “idéaux” pour tous ceux qui apprennent à écrire en encre et sont encore à leurs débuts, ce qui leur permet d’effacer ce qu’ils ont écrit en cas d’erreur, puisque l’encre est effaçable à l’aide d’outil de suppression.
L’utilisation de ces stylos par Sunak a fait craindre que ses notes écrites sur les documents officiels, ne soient effacées, alors que ces derniers sont remis aux archives publiques ou remis à des enquêtes indépendantes, telles que l’enquête officielle sur le Covid-19.
Le Downing Street a déclaré que les stylos ont été fournis par la fonction publique et sont largement utilisés dans Whitehall, y compris par les Secrétaires généraux permanents des différents départements.
Au cours des dernières années, les notes écrites par les anciens Premiers ministres britanniques ont été considérées comme une source essentielle servant les historiens, puisque détaillant le fonctionnement interne du gouvernement lors des périodes importantes de l’Histoire.
Par exemple, les notes manuscrites de l’ancienne Première ministre britannique, Margaret Thatcher, ont révélé ses projets qu’elle allait établir pour adopter des mesures d’urgence au temps le plus fort de la grève des mineurs, ainsi que les désaccords du Cabinet sur la manière de répondre à l’invasion des Îles Falkland.
Et de noter que les présidents des Etats-Unis utilisent régulièrement des stylos à encre permanent pour s’assurer qu’il n’y a aucun risque que les notes ou remarques écrites soient effacées, décolorées avec le temps ou endommagées par la chaleur ou l’humidité.
Le Guardian souligne également la présence de photos pour Sunak, sur les comptes des médias sociaux, alors qu’ils utilisaient des marqueurs permanents réguliers pour signer virtuellement des documents, dont entre autres, un accord économique avec l’Inde en octobre 2020 lorsqu’il était conseiller.
Un certain nombre de responsables affirment que le Premier ministre britannique conserve toutes ses notes, tandis que l’attaché de presse de Sunak a déclaré : “C’est un stylo qui a été fourni et largement utilisé par la fonction publique. Le Premier ministre n’a jamais utilisé la gomme effaçant l’encre et ne le fera pas”.
“Lorsque la confiance à l’égard des politiciens est au plus bas, voir le Premier ministre signer des documents officiels à l’encre effaçable pourrait avoir d’autres significations et des conséquences dangereuses”, a déclaré le directeur de “Unlock Democracy”, Tom Brake, qui était également ancien député libéral démocrate.





