La Chine a renforcé son déploiement militaire autour de Taïwan au deuxième jour d’une démonstration de force, avec des dizaines de navires et une cinquantaine d’aéronefs, a indiqué mercredi le gouvernement taïwanais, qualifiant Pékin de “fauteur de troubles”. La Chine considère l’ancienne colonie japonaise comme une province qu’elle n’a pas encore réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949, et n’exclut pas le recours à la force pour y parvenir.Taïwan a indiqué mercredi avoir détecté 53 avions militaires chinois et 19 navires autour de l’île au cours des dernières 24 heures, dans le cadre du plus grand déploiement maritime effectué par Pékin depuis plusieurs années. “Ces actions injectent de l’incertitude et des risques dans la région, créant des perturbations pour les pays voisins, et confirment que la Chine est un fauteur de troubles qui sape la paix et la stabilité dans la région indo-pacifique”, a déclaré dans un communiqué le ministère taïwanais des Affaires étrangères.Interrogée au sujet de ces manoeuvres, la diplomatie chinoise ne les a pas confirmées mais a rejeté la faute pour toute agitation sur les partisans de l’indépendance de l’île.“L’atteinte à la paix et à la stabilité du détroit de Taïwan est le fait des forces séparatistes prônant l’indépendance de Taïwan, avec le soutien d’acteurs extérieurs”, a affirmé Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse régulière. “La question de Taïwan constitue la première ligne rouge infranchissable dans les relations entre la Chine et les Etats-Unis”, a-t-elle insisté.Le secrétaire à la Défense américain Lloyd Austin a indiqué que les Etats-Unis surveillaient la situation et veilleraient à ce que “personne ne fasse quoi que ce soit pour changer le statu quo dans le détroit” de Taïwan.“Encore une fois, notre politique n’a pas changé. Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider Taïwan à acquérir les moyens de se défendre”, a-t-il déclaré mercredi à la presse sur une base américaine au Japon.





