Selon une étude réalisée par des chercheurs en psychologie de l’université de Yale aux États-Unis, les bébés sont capables de distinguer les bonnes des mauvaises personnes. Si les scientifiques pensaient en effet que le jugement social se développait avec le langage (entre 18 mois et deux ans environ), cela reposerait finalement sur des fondements innés, et pas seulement sur des apprentissages. La professeure Karen Wynn, psychologue à l’université de Yale qui a participé à l’étude, a indiqué que cette découverte se présentait comme “un élément essentiel à un système sophistiqué de jugement moral”, comme le retranscrit The Guardian qui a repris l’étude parue dans la revue scientifique Nature, en 2007, selon tf1info.fr.Pour mettre en évidence cette capacité, l’équipe a étudié les réactions de bébés de six et dix mois face à des scénarios mettant en scène un personnage en train d’escalader une colline. Ce grimpeur, qui était représenté sous la forme d’une forme arrondie avec des yeux, était tantôt aidé ou gêné par deux autres formes différentes. La figure aidante était représentée par un triangle, tandis qu’un carré faisait office de “mauvaise personne” en bloquant l’ascension du “grimpeur” (le cercle). À la fin, les nouveau-nés avaient le choix de choisir le triangle ou le carré. Sur le panel des nourrissons âgés de dix mois, quatorze sur seize ont pris le triangle (le “gentil”). Douze bébés de six mois ont également fait la même chose. La majorité d’entre eux ont donc choisi de tendre les bras à la forme qui était perçue comme “bienveillante”.Cette étude sur l’apparition des jugements parue il y a 18 ans a remis en question les travaux sur les idées dites traditionnelles sur l’acquisition morale. Un enfant n’aurait pas seulement besoin de mieux connaître le monde qui l’entoure ou ses parents pour émettre ce genre d’appréciations. Les scientifiques ne pensaient pas que des nourrissons étaient capables de tels discernements. La chercheuse Karen Wynn a déclaré qu’une capacité innée à distinguer ceux qui respectent les règles sociales de ceux qui ne les respectent pas constituerait un avantage évolutif considérable et serait essentielle au développement de la sociabilité humaine.





