La construction a été supervisée par Muhammad ibn Bailich Al-Mouhseini, principal architecte de l’époque. Il fit figurer son nom à la suite de celui du sultan sur le bandeau épigraphique figurant dans la madrasa. Sa construction remonte à la période mameloukeSultan Hassan ibn al-Nasir Muhammad ibn Qalawun régna à deux reprises (748-752 H / 1347-1351 J.-C. et 755-762 H / 1354-1361 J.-C.).La mosquée offre un ensemble architectural, associe puissance et splendeur, élégance et beauté. L’un de ses éléments les plus intéressants est sa façade principale, orientée au nord, de 145 m de long et 38 m de haut. Elle offre une grande variété de décors architecturaux sculptés dans la pierre et le marbre, et se termine par une superbe corniche à neuf rangées de mouqarnas miniatures en nid d’abeille. Son très haut portail est l’une des plus imposantes entrées de style mamelouk existantes. Il se caractérise par un arc s’achevant en une demi-coupole décorée d’un superbe ensemble de rangées de mouqarnas. Il est influencé par l’architecture de la période seldjoukide (429-590 H / 1038-1194 J.-C.), qui mettait l’accent sur le luxe du décor des entrées.Deux minarets, dont le plus ancien (au sud) mesure 81,60 m de haut, dominent la façade orientale. Tous deux se présentent sous la forme d’un socle de section carrée suivi de deux niveaux octogonaux. Ils ont été rénovés au XXe siècle.L’ensemble de forme polygonale recouvre 7 906 m2. Le côté le plus long mesure 150 m, le plus court 68 m. La construction en pierre consiste en une cour centrale ouverte au centre de laquelle se trouve une fontaine à ablutions. La cour est entourée de quatre iwan qui constituent la mosquée. Dans chacun des quatre angles s’ouvre une porte donnant sur une madrasa consacrée à l’une des quatre écoles de la jurisprudence religieuse (fiqh). Ce type de madrasa d’enseignement supérieur s’était développé au cours des périodes seldjoukide et atabeg. La madrasa de Nour al-Din Mahmoud à Damas en est un exemple. Ici, chaque madrasa consiste en une cour centrale au centre de laquelle se trouvaient une fontaine, un iwan et trois niveaux de chambres d’étudiants.L’iwan de qibla est le plus important de toute la mosquée. Il est recouvert d’une énorme voûte en berceau brisé. Il donne sur la cour par un arc, le plus important arc d’iwan en Égypte, et se distingue par son splendide décor. Ses murs sont lambrissés de pierres et de marbres de couleur et présentent en partie haute un bandeau épigraphique en stuc reprenant des versets du Coran en coufique sur fond fleuri, style assez rare. Son mihrab orné de marbre polychrome et d’inscriptions dorées est souvent présenté comme l’un des plus beaux d’Égypte.L’ensemble comprend également un mausolée richement décoré dans lequel est inhumé le fils du constructeur, Chihab Ahmad, mort en 788 H / 1386 J.-C. De plan carré, il mesure 21 m de côté et sa coupole s’élève à 48 m. Son mihrab de marbre est orné d’une décoration géométrique fouillée en mosaïque de marbre.Lorsque le sultan Hassan mourut en 762 H / 1361 J.-C., le bâtiment était pratiquement achevé à l’exception de quelques travaux qui furent terminés par Bachir al-Jamdar : revêtement des murs et dallage des sols en marbre, coupole de la fontaine de la cour (achevée en 766 H / 1364 J.-C.) et les deux grands vantaux des portes de cuivre qui se trouvent maintenant dans la mosquée d’Al-Mou’ayyad Cheikh. La construction du mausolée fut parachevée en 764 H / 1362 J.-C.Un certain nombre d’inscriptions sur les portes de la madrasa, dans la cour, dans le mausolée et sur les deux grands vantaux en cuivre de la porte, prélevés par le sultan Al-Mou’ayyad Cheikh (r. 815-824/1412-1421) pour sa propre mosquée, permettent de dater la construction. Une des inscriptions donne la date de construction.





