La pandémie du Covid-19 a modifié l’équilibre des marchés mondiaux des matières premières dans le cadre d’un phénomène extérieur au fonctionnement normal des marchés. Dans une telle situation, toute projection, en particulier sur le prix du baril de pétrole, doit se faire avec la plus grande prudence. Il faut garder ses distances devant les projections alarmistes, surtout dans un marché « régulé ». analyse Gérard Vespierre, directeur de recherche à la FEMO Fondation d’Etudes pour le Moyen-Orient et président de Strategic Conseils dans La Tribune le 13 Septembre 2021.
D’un point de vue économique, il convient de rappeler la dépréciation naturelle de la monnaie de référence, le dollar, sur ces mêmes 15 années (2006-2021). Le pouvoir d’achat du dollar a diminué d’au moins 25% sur cette période. Les 72 dollars de 2021 sont donc en valeur réelle 25% moins élevés que les 72 dollars de 2006. (Crédits : Reuters)
Quand un marché est déséquilibré de l’intérieur, par des variations naturelles, non prévues de l’offre ou de la demande, il n’est pas aisé de discerner le processus qui va rééquilibrer le prix, et le temps nécessaire à ce rééquilibrage. Dans le cadre du marché pétrolier, nous l’avons constaté avec l’impact de la production américaine de pétrole de schiste intervenu, en 2014, et l’ouverture du robinet saoudien, en 2015. Le prix du brut a quitté depuis cette période le niveau des 100 dollars.
Quand on a faire face à un déséquilibre du marché par un processus ou un phénomène extérieur à son fonctionnement normal, comme nous le vivons depuis plus de 18 mois avec la pandémie Covid-19, il faut être encore plus prudent, voire humble, quand il s’agit de prévisions, tant des volumes que des prix. Or, nous avons vu beaucoup d’analyses et des projections de prix vers les 80 ou 100 dollars…





