Le stade du Caire occupe une place privilégiée dans l’histoire sportive de l’Égypte. Il ne s’agit pas seulement d’une grande enceinte sportive, mais d’un projet visionnaire qui a fait de l’Égypte un pionnier dans le domaine des infrastructures sportives en Afrique et au Moyen-Orient. Le complexe du stade du Caire est en effet considéré comme le premier village olympique intégré de la région et du continent africain.Le défunt président Gamal Abdel Nasser inaugura officiellement le stade du Caire à l’occasion du huitième anniversaire de la Révolution du 23 juillet 1952. Lors de son ouverture, le stade pouvait accueillir environ 74 000 à 75 000 spectateurs, ce qui en faisait l’un des plus grands stades d’Afrique et du Moyen-Orient à cette époque.Cependant, l’idée de construire le stade du Caire est antérieure à l’ère de Gamal Abdel Nasser. Dès avril 1948, avant même le lancement des travaux, le projet fut imaginé par Taher Pacha, un médecin et intellectuel égyptien titulaire d’un doctorat en sciences politiques. Visionnaire et profondément attaché au développement du sport en Égypte, il rêvait de doter le pays d’une infrastructure sportive moderne, capable d’accueillir de grandes compétitions internationales.Taher Pacha joua un rôle majeur dans le mouvement sportif international. Il fut le fondateur des Jeux méditerranéens, président du Comité olympique égyptien, et membre du Comité exécutif du Comité international olympique entre 1952 et 1957. Son ambition était de placer l’Égypte sur la carte sportive mondiale à travers des installations dignes des grandes nations sportives.La construction du stade du Caire s’étala sur une période de trois ans, pour un coût total estimé à trois millions de livres sterling. À son achèvement, le complexe se distinguait par des équipements modernes pour l’époque, notamment un tableau d’affichage électronique bilingue en arabe et en anglais, ainsi que quatre tours d’éclairage géantes permettant l’organisation d’événements en soirée.





