Au cœur du Caire se dresse le palais Qazdougli, un monument historique emblématique qui renferme entre ses murs des récits de faste et d’événements marquants. Construit au début du XXᵉ siècle par le célèbre architecte autrichien Eduard Matasek, le palais fut la résidence de nombreuses personnalités de premier plan. Son histoire remonte à l’époque ottomane, lorsque le commerçant levantin Emmanuel Qazdougli arriva en Égypte et s’installa au Caire. Formé en Grande-Bretagne et étroitement lié à l’industrie textile de Manchester, Qazdougli a pu rassembler une immense fortune grâce à ses activités commerciales. À cette période, l’Égypte constituait un pôle d’attraction majeur pour les étrangers désireux d’y investir et d’y vivre. Le palais fut édifié par l’architecte autrichien Eduard Matasek (1867-1912). Son design reflète le luxe et le raffinement caractéristiques de cette époque. Au fil des décennies, le palais fut le théâtre de nombreux événements historiques et devint un symbole du patrimoine culturel et artistique. Matasek était membre de la Commission de conservation des monuments arabes et le concepteur de plusieurs édifices remarquables du Caire, tels que le temple Shaar Hashamaïm rue Adly, la Banque Crédit Foncier rue Abdel Khalek Tharwat, ainsi que l’hôpital général de Choubra. On pense que le palais fut initialement construit pour le célèbre banquier Félix Suarès, avant d’être vendu par la suite à Qazdougli. Le palais ne fut pas exclusivement réservé à la famille Qazdougli. Il accueillit de nombreuses personnalités influentes. Lord Cromer y établit sa résidence, tout comme Sir Eldon Gorst, haut-commissaire britannique, avant que ce dernier ne déménage dans une autre demeure à Garden City, devenue plus tard le siège de l’ambassade britannique. Le palais fut également loué à plusieurs diplomates et servit de siège de l’ambassade des États-Unis avant la Seconde Guerre mondiale. Au de la Révolution de juillet 1952, le palais fut transformé en école publique, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire riche et plurielle.





