L’islam fonde sa vision de la justice sur un principe essentiel et inaltérable : la responsabilité individuelle. Chaque être humain est comptable de ses choix, de ses intentions et de ses actes. Nul ne peut porter la faute d’un autre, nul ne sera puni pour ce qu’il n’a pas commis. Cette règle constitue l’un des piliers de la justice divine et affirme, en même temps, la liberté morale de l’homme.Le Coran énonce ce principe avec une clarté absolue :« Nul ne portera le fardeau d’autrui. »(Sourate Al-An‘âm, 6:164)Cette affirmation libère l’individu de toute culpabilité héritée. Elle rompt avec l’idée d’une faute collective transmise ou d’une responsabilité imposée par l’appartenance familiale, sociale ou communautaire. En islam, la valeur morale d’un être humain ne dépend ni de son lignage ni de son entourage, mais de ses propres choix.La responsabilité individuelle implique nécessairement la liberté morale. Dieu n’impose pas une charge sans avoir accordé la capacité de la porter. Le Coran rappelle :« Dieu n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. »(Sourate Al-Baqarah, 2:286)L’homme agit donc dans un cadre où la liberté et la responsabilité sont indissociables. Il n’est ni contraint au mal, ni abandonné à lui-même. Il choisit, et ce choix a un poids éthique. La justice divine repose précisément sur cette équité : chacun est jugé selon ce qu’il a réellement voulu et accompli.Le Coran insiste également sur l’impossibilité de transférer la faute ou de s’en décharger sur autrui :« L’homme n’obtiendra que le fruit de ses efforts. »(Sourate An-Najm, 53:39)Ce verset établit une relation directe entre l’acte et sa conséquence. Il annule toute tentative de justification fondée sur la pression sociale, l’héritage culturel ou l’influence du groupe. L’individu ne peut se réfugier derrière les choix des autres pour échapper à sa propre responsabilité.Cette vision protège aussi l’être humain contre l’injustice. Personne ne sera puni pour une faute qu’il n’a pas commise, ni récompensé pour un bien qu’il n’a pas accompli. Le Coran réaffirme ce principe à plusieurs reprises :« Chaque âme ne sera tenue responsable que de ce qu’elle a acquis. »(Sourate Al-Muddaththir, 74:38)Ainsi, la justice divine n’est ni arbitraire ni collective. Elle est précise, mesurée, fondée sur la connaissance parfaite des intentions et des actes. Elle reconnaît les circonstances, les capacités et les limites de chacun, sans jamais confondre les responsabilités.Dans un monde où la faute est souvent diluée, attribuée à des systèmes, à des héritages ou à des appartenances, l’islam rappelle que la véritable dignité humaine réside dans cette responsabilité personnelle. Être responsable, c’est être libre ; être libre, c’est pouvoir répondre de ses actes.La responsabilité individuelle, loin d’être une charge écrasante, devient alors une promesse de justice. Elle garantit que nul ne sera lésé, que nul ne portera un poids qui n’est pas le sien, et que chaque être humain sera jugé avec une équité parfaite, à la mesure exacte de ce qu’il aura choisi d’être.





