Une étude suédoise récente suggère qu’une consommation régulière de fromage riche en matières grasses serait associée à un risque légèrement réduit de démence. L’information a largement circulé, notamment après sa reprise par le New York Times. Mais que vaut vraiment ce résultat? Et surtout, faut-il en tirer des conseils pour notre alimentation? Nous avons fact-checké cette recherche, en examinant ses données, sa méthodologie et ses limites.Tout part d’une large étude suédoise, publiée fin 2025 dans la prestigieuse revue Neurology et relayée par le New York Times. Les recherches ont suivi près de 28’000 personnes pendant environ 25 ans. Leur constat: les individus qui consommaient le plus de fromage riche en matières grasses présentaient un risque de démence inférieur de 13% par rapport à celles et ceux qui en consommaient le moins, selon rts.ch/info/sante/2026.À première vue, la promesse est séduisante. Mais, comme souvent en nutrition, la réalité est plus complexe.Premier point essentiel à comprendre: il s’agit d’une étude observationnelle. Ce type de recherche observe des habitudes alimentaires et leur évolution dans le temps, sans intervenir activement. Résultat: elle met en évidence une association, mais ne permet pas de démontrer un lien de cause à effet direct.Selon lui, une étude isolée ne devrait jamais servir de base pour modifier son alimentation. Les recommandations destinées au grand public doivent s’appuyer sur l’ensemble des connaissances scientifiques disponibles.Autrement dit, si les personnes qui mangent plus de fromage développent moins souvent une démence, cela peut aussi être lié à d’autres facteurs non mesurés par l’étude: une meilleure activité physique, un niveau socio-économique plus élevé, un environnement de vie moins pollué ou moins stressant, ou simplement des habitudes alimentaires globales plus saines.L’étude suédoise mentionne un détail technique: l’effet protecteur du fromage ne serait visible que chez les personnes qui ne sont pas porteuses du gène APOE e4. Le Pr. Frisoni précise que ce gène est “le facteur de risque le plus important de la maladie d’Alzheimer” et qu’il est “associé au dépôt d’amyloïde dans le cerveau, l’une des deux protéines toxiques de la maladie d’Alzheimer”. Cependant, l’interaction entre ce gène et l’alimentation est encore “purement hypothétique” selon l’expert. Il est donc prématuré d’en tirer des conclusions pratiques pour l’instant.En fin de compte, le fromage n’est pas un aliment magique anti-démence. Mais il a toute sa place dans une alimentation équilibrée et variée. La meilleure stratégie pour votre cerveau – et cela, toutes les études le confirment – reste une approche globale: manger varié et avec plaisir, bouger régulièrement, bien dormir et entretenir ses liens sociaux.





