Dans le message coranique, la dignité humaine n’est ni conditionnelle ni sélective. Elle ne dépend ni de la foi, ni de l’origine, ni du statut social. Elle est un don divin accordé à l’être humain en tant qu’être humain, avant toute appartenance religieuse. Cette vérité fondamentale, souvent méconnue ou déformée, constitue pourtant l’un des piliers éthiques du Coran.Le texte coranique affirme clairement cette dignité universelle :« Nous avons certes honoré les enfants d’Adam » (Coran, 17:70).Ce verset ne distingue pas entre croyants et non-croyants. Il englobe l’humanité entière, rappelant que l’homme, par sa simple condition humaine, est porteur d’un honneur intrinsèque que nul n’a le droit de lui retirer.Cette dignité se manifeste d’abord par la protection de la vie. Le Coran établit un principe majeur : ôter la vie d’un innocent revient à porter atteinte à l’humanité tout entière. « Quiconque tue une personne (…) c’est comme s’il avait tué toute l’humanité » (Coran, 5:32). Là encore, le texte ne limite pas cette sacralité à un groupe religieux précis. La vie humaine est inviolable, quelles que soient les convictions de l’individu.La dignité humaine s’exprime également dans la liberté de conscience. Le Coran proclame sans ambiguïté : « Nulle contrainte en religion » (Coran, 2:256). La foi ne peut être imposée, car la dignité de l’homme repose sur sa capacité à choisir, à réfléchir et à assumer librement ses convictions. Contraindre, humilier ou persécuter au nom de la religion revient ainsi à trahir l’esprit même du message coranique.Dans les relations sociales, le Coran appelle à la justice et à la bienveillance envers tous, y compris envers ceux qui ne partagent pas la foi musulmane :« Dieu ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion » (Coran, 60:8).Ce verset établit un cadre éthique clair : le respect, la justice et la bonté sont des obligations morales universelles, non des privilèges réservés aux seuls croyants.Même dans le désaccord religieux, le Coran impose une éthique de la parole et du comportement : « Discute avec eux de la meilleure façon » (Coran, 16:125). La dignité humaine implique le refus de l’insulte, de la violence verbale et de toute forme de dénigrement. Le dialogue, lorsqu’il est empreint de sagesse et de respect, devient alors une reconnaissance concrète de l’humanité de l’autre.Ainsi, le Coran érige la dignité humaine en principe supérieur, qui transcende les frontières de la foi. Être croyant ne signifie pas dominer, exclure ou mépriser, mais au contraire honorer l’homme en tant que créature de Dieu. Dans un monde marqué par les fractures identitaires et les discours de haine, ce message coranique apparaît d’une actualité brûlante : la foi authentique ne s’oppose jamais à la dignité humaine, elle la protège et l’élève.





