Les présidents égyptien et turc, Abdel Fattah Al-Sissi et Recep Tayyip Erdoğan, ont convenu de renforcer la coopération bilatérale à tous les niveaux, lors d’une conférence de presse conjointe mercredi 4 février, au terme de leur entretien au Palais Al-Ittihadeya.
Arrivé mercredi au Caire, Erdoğan a effectué sa 3e visite en Egypte en moins de deux ans pour présider, avec Al-Sissi, la deuxième réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau Egypte/Turquie et participer à la séance de clôture du Forum d’affaires égypto-turc.
« Les pourparlers avaient marqué le rapprochement des deux pays et débouché sur une entente de poursuivre les consultations et de tenir la prochaine réunion du Conseil de coopération à Ankara en 2028 », a précisé Al-Sissi.
Al-Sissi et Erdogan ont formulé le vœu de consolider les échanges commerciaux et de porter leur volume à « 15 milliards de dollars d’ici 2028 » du niveau actuel situé à 8 milliards de dollars, affirmant tous deux que l’Egypte est le plus grand partenaire commercial de la Turquie en Afrique.
« Nous voulons instituer un modèle économique turco-égyptien pour faire face aux crises mondiales », a expliqué Erdoğan.
« Les investissements turcs en Egypte se rapprochaient des 4 milliards de dollars et nous voulons eu un échange de touristes de 500 000 touristes l’année passée et nous voulons travailler pour accroître ce chiffre », a précisé le président turc.
Les deux chefs d’Etats ont témoigné de la signature de nombreux accords dans les domaines politiques, militaires et économiques.
Ils ont également détaillé leur vision concernant les dossiers régionaux.
Accord de paix à Gaza
Al-Sissi a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre l’intégralité de l’accord de paix du président Trump pour Gaza et de freiner toute tentative visant à le contourner.
« Nous insistons sur l’importance d’acheminer l’aide humanitaire, d’éviter toute escalade et d’instaurer la solution à deux Etats et l’Etat palestinien conformément aux résolutions de la légitimité internationale », a-t-il expliqué.
De concert, la Turquie a affirmé rejeter les violations qui visent à torpiller l’accord de paix sur Gaza et se tient disposée à apporter, avec l’Egypte, toute l’aide nécessaire pour la reconstruction de l’enclave détruite par les attaques israéliennes, a fait savoir le chef de l’Etat turc.
Unité et intégralité de la Libye
« L’Egypte souhaite voir la fin de la division au sein du pouvoir exécutif en Libye », a noté le président égyptien, qui a appelé au départ des combattants étrangers et des mercenaires du pays.
Al-Sissi a réaffirmé « le support de l’Egypte à la voie onusienne, visant une solution et un consensus Libyen-libyen ». Quant à Erdogan, il a dit partager avec l’Egypte l’objectif commun de « préserver l’unité et l’intégrité » du pays.
Solution pacifique à la crise irano-américaine
« Les ingérences étrangères dans les affaires intérieures de l’Iran constituent un danger pour toute la région », a ajouté Erdogan, qui prône le recours aux moyens diplomatiques pour déjouer les tensions.
El-Sissi a dit « avoir passé en revue des efforts sincères déployés par l’Egypte pour promouvoir la solution politique à cet échiquier afin d’éloigner le spectre de la guerre de la région ».
Erdogan a affirmé que « la confrontation avec l’Iran entrainera la propagation du conflit dans la région » et que l’unique voie pour diffuser l’escalade ne pourra être trouvée que par l’intermédiaire du dialogue.
Trêve humanitaire au Soudan
Le président égyptien a souligné la nécessité d’instaurer une trêve humanitaire au Soudan pour relancer un processus politique inclusif censé préserver les institutions étatiques du pays et favoriser l’acheminement de l’aide humanitaire.
« Nous souhaitons qu’un cessez-le-feu soit garanti au Soudan pour qu’une paix durable puisse voir le jour », a pour sa part indiqué Erdogan.
Rejet de la reconnaissance du Somaliland
Al-Sissi a rejeté toute manœuvre visant à démanteler ce pays alors que le chef de l’Etat turc a rejeté la reconnaissance par Israël du Somaliland, laquelle constitue une menace pour l’unité et la souveraineté de la Somalie.
Soutenir l’accord de paix en Syrie
Le président égyptien a souhaité que l’accord entre le gouvernement et les forces démocratiques syriennes « préserve l’unité, la souveraineté et à la stabilité de la Syrie », lesquelles profiteront, selon Erdogan, « à tous les pays de la région ».





