Le Dr Badr Abdel Aati, ministre des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Égyptiens à l’étranger, et président du Comité supérieur permanent des droits de l’Homme, a reçu le dimanche 8 février M. Pedro Arrojo Agudo, Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement, à l’occasion du début de sa visite officielle en Égypte, effectuée à l’invitation du gouvernement égyptien.
Lors de la rencontre, le ministre Abdel Aati a réaffirmé l’attachement de l’Égypte au renforcement de l’interaction avec les différents mécanismes régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme, en particulier ceux relevant du Conseil des droits de l’Homme, notamment à la lumière de l’entrée en fonction de l’Égypte en tant que membre du Conseil au début de l’année en cours.
Le ministre des Affaires étrangères a présenté au Rapporteur spécial les principaux efforts nationaux déployés pour promouvoir et protéger les droits de l’Homme, en particulier ceux liés à l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement pour tous. Il a souligné la situation de rareté hydrique que connaît l’Égypte, indiquant que la part annuelle d’eau par habitant est tombée en dessous de 490 mètres cubes, soit moins de la moitié du seuil de pauvreté hydrique fixé par les normes des Nations unies.
Le ministre a également passé en revue les mesures adoptées par l’Égypte au cours des dernières années afin de combler le déficit hydrique et de garantir le droit à l’eau de plus de 110 millions de citoyens, dans un contexte où le pays dépend à 98 % d’une seule source d’eau, à savoir le Nil. Il a précisé que l’État égyptien a adopté une approche globale pour faire face à ces défis, reposant sur le développement des cadres législatifs et institutionnels, ainsi que sur l’augmentation des investissements dans les infrastructures, à travers la mise en œuvre de projets nationaux visant à étendre les réseaux d’eau potable et d’assainissement, notamment dans les zones rurales à l’échelle nationale, au premier rang desquels figure l’initiative « Vie décente » (Haya Karima).
Il a en outre évoqué les efforts déployés en matière de réutilisation multiple des eaux, la construction de stations de dessalement, l’amélioration des services et de la qualité de l’eau, le recours aux technologies modernes d’irrigation, la réduction des risques climatiques et la protection de l’environnement.
Le ministre Abdel Aati a insisté sur la nécessité de respecter le droit international régissant les cours d’eau transfrontaliers, y compris le Nil, et a rejeté les mesures unilatérales prises en amont qui portent atteinte à la capacité de l’État à garantir le droit de ses citoyens à l’eau. Il a souligné l’importance du respect des principes de notification préalable et de non-préjudice, affirmant que la coopération fondée sur le consensus et le respect mutuel demeure la seule voie pour réaliser les intérêts communs des pays du bassin du Nil.
Enfin, le ministre des Affaires étrangères a mis en avant l’importance accordée par le gouvernement égyptien à l’approche fondée sur les droits de l’Homme, soulignant que le droit à l’eau potable salubre et à l’assainissement a été intégré dans la première Stratégie nationale des droits de l’Homme, parallèlement au renforcement du partenariat avec la société civile, notamment en matière de sensibilisation à l’importance de la rationalisation de l’usage de l’eau et de l’utilisation optimale des ressources du Nil.





