Sous le ciel incandescent d’Assouan, là où le granit dialogue avec l’éternité et où le Nil semble porter dans ses eaux la mémoire des pharaons, s’est refermée la trentième édition du Symposium international de sculpture d’Assouan. Dans l’écrin majestueux du musée à ciel ouvert, plus de trois cents œuvres, nées au fil des éditions, dressent leurs silhouettes minérales comme autant de témoins d’une aventure artistique qui dure depuis trois décennies.Présente à la cérémonie de clôture, la ministre de la Culture, la docteure Gehane Zaki, a salué un événement qu’elle a qualifié d’« un des piliers majeurs du soutien à la création et de l’enracinement de notre identité civilisationnelle ». Dans une allocution empreinte d’émotion, elle a rappelé que ce rendez-vous artistique, par sa constance et son exigence, a redonné au noble art de la sculpture la place qu’il mérite au cœur de la scène culturelle égyptienne.Car à Assouan, la pierre n’est pas matière inerte : elle est souffle, elle est mémoire. La ville, forte de son héritage millénaire et de sa nature souveraine, offre aux artistes un espace rare, où l’histoire et le paysage se conjuguent pour nourrir l’inspiration. « Assouan est une terre d’accueil pour les créateurs du monde entier », a souligné la ministre, évoquant cette alchimie unique entre patrimoine et modernité, entre silence des roches et bruissement des idées.Cette trentième édition était dédiée à la mémoire du sculpteur de renommée internationale Adam Henein, fondateur et âme du symposium depuis sa création en 1996, avec le soutien du ministre de la Culture de l’époque, Farouk Hosny. En honorant son nom, le ministère rend hommage à celui qui a su inscrire la sculpture égyptienne contemporaine dans un dialogue fécond avec le monde, tout en la réconciliant avec ses racines les plus profondes.L’hommage s’est également étendu à l’artiste Salah Marei, compagnon de route d’Adam Henein, qui contribua à façonner la vision artistique des œuvres intégrées dans le paysage montagneux du musée ouvert. Grâce à son regard, le symposium est devenu une mémoire visuelle vivante, une galerie à ciel ouvert où chaque pierre raconte une histoire.La ministre a réaffirmé l’engagement du ministère à soutenir et à développer cet événement dans les années à venir, afin de découvrir de nouveaux talents et de consolider la position de l’Égypte comme pôle majeur des arts plastiques, tant sur le plan régional qu’international. Elle a adressé ses remerciements au commissaire général, l’artiste Akram El-Magdoub, à son adjoint Ahmed Moussa, ainsi qu’à l’ensemble des artistes et partenaires institutionnels qui ont contribué à la réussite de cette édition.Le gouvernorat d’Assouan, représenté par le gouverneur, a également été honoré pour son rôle déterminant dans l’accueil et l’intégration des œuvres au sein du tissu urbain et esthétique de la ville. Des responsables locaux, techniciens et ouvriers ont reçu des distinctions pour leur engagement discret mais essentiel : sans leurs mains patientes et leur dévouement, la pierre ne se laisserait pas apprivoiser.La dimension internationale de cette édition s’est incarnée dans la diversité des artistes participants, venus d’Égypte, d’Europe et des Balkans, apportant chacun leur langue plastique, leur sensibilité et leur regard sur la matière. Ensemble, ils ont enrichi le musée à ciel ouvert de nouvelles œuvres, prolongeant ainsi le dialogue entre cultures et générations.La soirée s’est achevée sur une note d’élévation et de grâce avec le récital exceptionnel de la soprano de renommée mondiale Amira Selim. Sa voix, ample et lumineuse, s’est élevée dans la nuit d’Assouan, épousant les lignes des sculptures et caressant les pierres ancestrales.Ainsi s’est refermé un chapitre, non comme une fin, mais comme une promesse : celle que l’Égypte continuera, par la force tranquille de son art, à tailler dans la pierre et dans le temps des formes de beauté offertes au monde.





