Récit d’un lieu
Chaque nuit de Ramadan, des milliers d’Égyptiens affluent vers la Mosquée Amr Ibn Al-As pour accomplir la prière des tarawih. Plus ancienne mosquée d’Égypte et du continent africain, elle se remplit jusqu’à la dernière place, tandis que la foule déborde vers les esplanades environnantes. Les fidèles prient à même le sol dans une scène qui ne se répète que durant le mois sacré.

Pour beaucoup, la bénédiction du lieu suffit : prier dans une mosquée fondée par les compagnons du Prophète procure un sentiment profond de sérénité, comme si la simple présence en ces murs était une source d’apaisement.
Aux origines de l’islam
Avec l’expansion de l’islam, Amr Ibn Al-As mena les armées musulmanes à la conquête de l’Égypte en 20 هـ / 640 apr. J.-C., sous le califat d Omar Ibn Al-Khattab. Sur les rives du Nil, il fonda la ville de Fostat, première capitale islamique de l’Égypte et de l’Afrique, ancêtre du Caire actuel.
La mosquée demeure aujourd’hui un lieu de recueillement quotidien pour les Égyptiens et une destination privilégiée pour les visiteurs arabes et musulmans du monde entier, particulièrement durant le Ramadan. Les voix des récitants s’y élèvent avec ferveur, les invocations se mêlent aux prières pour l’Égypte et pour la nation islamique, dans un tableau vibrant d’unité et d’espérance.
Un monument au cœur du complexe des religions

Dans l’enceinte de cette mosquée ancestrale, les fidèles ressentent une proximité particulière avec l’époque des compagnons du Prophète. L’édifice n’est pas seulement un monument historique : il est un symbole vivant, intimement lié à la mémoire collective, attirant les cœurs vers la piété, la sincérité et la paix intérieure.
Selon l’archéologue Magdy Chaker, la mosquée Amr Ibn Al-As est la première fondée en Afrique et la quatrième dans l’histoire de l’islam après la Mosquée du Prophète et certaines mosquées établies en Irak. Elle fut érigée en 41 هـ / 661 apr. J.-C., devenant à la fois centre religieux, éducatif et social : on y célébrait les prières, on y enseignait le Coran, et l’on y réglait les différends communautaires.
Située au cœur du quartier historique connu comme le « complexe des religions » au Vieux Caire, la mosquée est entourée de monuments emblématiques tels que l’Église suspendue et l’Église Saint-Serge. Cette proximité illustre l’esprit de coexistence et de tolérance qui caractérise la région depuis la conquête islamique.
À travers les siècles, la mosquée est demeurée un symbole de spiritualité, de savoir et de patrimoine islamique égyptien. Elle accueille des visiteurs du monde entier venus admirer son architecture et son importance historique. Véritable couronne des mosquées égyptiennes et perle de Fostat, elle continue d’incarner l’âme spirituelle de la capitale ancienne.





