Pendant plus d’un siècle, chaque génération a systématiquement surpassé la précédente dans les tests mesurant la mémoire, le raisonnement ou l’attention. La génération Z vient de briser cette tendance. Le neuroscientifique Jared Cooney Horvath a alerté le Congrès américain sur une baisse des capacités cognitives qui inverse brutalement l’effet Flynn, ce gain régulier de trois points de QI par décennie observé depuis 1900, selon sciences-et-vie.com.L’effet Flynn désigne cette progression constante des scores cognitifs observée dans les pays développés depuis la fin du 19e siècle. Chaque génération obtenait en moyenne trois points de plus que la précédente aux tests de QI standardisés. Ce phénomène touchait l’ensemble des domaines mesurés, de la mémoire de travail aux capacités de raisonnement abstrait.Cette amélioration reflétait des changements environnementaux majeurs. L’accès généralisé à l’éducation, l’amélioration de la nutrition infantile et la complexification des environnements cognitifs ont contribué à ce bond progressif. Les enfants du milieu du 20e siècle évoluaient dans des univers mentalement plus stimulants que leurs arrière-grands-parents.Les tests standardisés documentent cette montée avec une précision remarquable. Les données collectées dans les pays occidentaux montrent une courbe ascendante ininterrompue sur plusieurs générations. Aucun fléchissement significatif n’apparaissait dans les résultats jusqu’au début des années 2010.James Flynn, le psychologue néo-zélandais qui a identifié ce phénomène dans les années 1980, considérait cette progression comme acquise. Ses travaux publiés dans PNAS ont établi que les facteurs environnementaux expliquaient l’intégralité de ces gains cognitifs. La génétique ne jouait aucun rôle dans cette amélioration séculaire.À partir de 2010, les résultats ont cessé de progresser dans plusieurs pays développés. Dans certains cas, ils ont même commencé à reculer. Devant le Sénat américain, Jared Cooney Horvath a présenté des données allant dans ce sens. Les indicateurs montrent un déclin dans plusieurs domaines cognitifs. La mémoire de travail, le raisonnement abstrait et les capacités d’attention apparaissent plus faibles que chez la génération précédente au même âge.Les résultats PISA 2022 de l’OCDE confirment cette tendance à l’échelle internationale. Les élèves de 15 ans obtiennent des scores plus faibles en mathématiques, en sciences et en compréhension écrite que leurs aînés testés une décennie plus tôt. Le déclin touche aussi bien les pays européens que nord-américains.Horvath attribue ce renversement à l’omniprésence des écrans dans la vie quotidienne des adolescents. La génération Z passe en moyenne huit heures par jour devant des dispositifs numériques, soit la moitié de son temps éveillé. Cette exposition massive coïncide chronologiquement avec le début du déclin cognitif mesuré.





