Les empreintes de la main ne se répètent pas et le visage non plus. Il suffit de tracer les lignes des traits pour obtenir une empreinte unique, incomparable à toute autre. Cette réalité scientifique devient, chez l’artiste talentueux Amir Wahib, une vision plastique façonnée par le geste et la sensibilité. Surnommé « le prince des portraits » par ses pairs avant même ses amis, il a développé une méthode fondée sur neuf lignes permettant de décrypter la « signature » du visage.

Fort de quarante années d’expérience aux côtés du pinceau et des couleurs, Wahib est parvenu à une conviction : tout comme chaque individu possède une empreinte digitale distincte, les lignes du visage constituent une véritable « marque déposée » propre à chacun, y compris chez les jumeaux.
Selon lui, ce système repose sur neuf lignes fondamentales : six pour les yeux, une pour le nez, une pour la bouche et une pour le menton. Ces repères servent de base à la construction de l’architecture du visage, à laquelle s’ajoutent ensuite les lignes définissant la forme de la tête, la chevelure et le cou. Il précise que le visage masculin peut être structuré à partir de douze lignes, auxquelles peuvent s’ajouter une ou deux lignes supplémentaires dans le cas des femmes, selon leur coiffure.
Cette approche s’inscrit dans un parcours artistique riche, marqué par une production inspirée et ancrée dans le courant de l’expressionnisme, où l’imaginaire fertile se traduit en compositions visuelles saisissantes. Le talent de Wahib s’est notamment illustré dans l’une de ses expositions récentes intitulée « Heures dans la ville ».


À travers cette expérience, l’artiste raconte avoir voulu proposer une exposition inédite à New York. Après neuf années de recherches et de visites de plus d’un millier d’expositions dans la capitale mondiale de l’art, il découvre le thème des horloges. Parcourant la ville muni de son plan, il photographie bâtiments et horloges pour en tirer des esquisses. Sur plus d’une centaine de modèles observés, il en sélectionne vingt-et-un, qu’il reproduit sur des toiles de format identique (100 × 75 cm), peintes à l’huile. Chaque œuvre a nécessité entre 50 et 90 heures de travail.
Né en 1969, Amir Wahib est diplômé des Beaux-Arts en décoration, spécialité architecture intérieure (1993). Membre du Syndicat des artistes plasticiens, il a exercé comme designer de mobilier avant de se consacrer pleinement à sa carrière d’artiste indépendant, exposant en Égypte, en Europe et aux États-Unis.
Sa formation en architecture, qu’il considère comme le cœur des arts et de la culture, imprègne profondément son œuvre. Les motifs de la porte et de la fenêtre occupent une place centrale dans ses créations. La porte symbolise le passage constant de l’homme dans la vie, tandis que la fenêtre reflète l’identité des lieux et de leurs habitants. Ces éléments confèrent à ses tableaux une dimension à la fois culturelle et philosophique, enrichissant ainsi son langage artistique.





