Bousculée par sa défaite lors d’un référendum sur la justice mi-mars, la Première ministre italienne Giorgia Meloni cherche à se relancer avec une nouvelle réforme présentée au Parlement mardi.Elle veut tourner la page en changeant le mode de scrutin, qui pourrait accroître ses chances de rester au pouvoir à l’issue des législatives de 2027.
La coalition gouvernementale dispose toujours d’une confortable majorité au parlement, mais le premier véritable revers enregistré depuis son arrivée au pouvoir en 2022 a sapé l’autorité de Giorgia Meloni et déstabilisé ses alliés.
“Meloni est en difficulté et montre d’indéniables signes de faiblesse”, analyse pour l’AFP Giovanni Orsina, politologue à l’université Luiss de Rome.
Les démissions de deux ministres n’ont pas suffi à enrayer les spéculations sur l’avenir du gouvernement. Certains commentateurs estiment que Giorgia Meloni pourrait même être contrainte de provoquer des élections anticipées, même si elle a répété qu’elle irait jusqu’au bout de son mandat.Si elle démissionnait une fois la loi électorale adoptée, elle pourrait déclencher un scrutin en octobre et profiter d’une gauche divisée.
Le vice-Premier ministre Matteo Salvini, chef de la Ligue d’extrême droite membre de sa coalition, a promis lundi que le gouvernement “irait au terme de la législature sans aucun doute ni hésitation”, même s’il est lui-même affaibli par une scission au sein de son parti.
Forza Italia, le parti de centre droit du vice-Premier ministre Antonio Tajani, moteur du référendum, est lui aussi sous pression.Sollicités, les services de la cheffe du gouvernement ont refusé tout commentaire.
Une démission de la Première ministre reste “hautement improbable”, juge cependant Giovanni Orsina, mais l’enjeu est désormais d’enrayer “l’effet boule de neige” déclenché par la défaite au référendum.
La présidente du conseil a besoin d’un nouveau projet pour remobiliser son camp. Mais son parti Fratelli d’Italia (extrême droite) est divisé sur l’opportunité de pousser la réforme électorale, écrivait lundi le commentateur Ilario Lombardo dans le quotidien La Stampa.”D’un côté, ils voient (dans la réforme) le seul moyen d’éviter un déclin potentiellement irréversible”, écrit-il. “De l’autre, ils craignent qu’insister sur la loi électorale ne sonne faux dans un moment d’incertitude mondiale, avec la guerre, les prix de l’énergie qui s’envolent, la crise du coût de la vie et un allié à Washington sur lequel on ne peut pas compter”.





