En marge de la réunion ministérielle africaine au Caire, le ministre des Affaires étrangères a plaidé pour un soutien international structurel et de long terme en faveur des pays en développement.
Le Caire, 1er avril 2026 — Le Dr Badr Abdel-Aati, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Égyptiens à l’étranger, a reçu ce mercredi Amy Pope, directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en marge de la réunion ministérielle des États africains pionniers dans la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.
Un partenariat à consolider
Au cours de cet entretien, le Dr Abdel-Aati a salué la qualité de la coopération entre l’Égypte et l’OIM, exprimant sa volonté de renforcer ce partenariat afin de garantir une gestion globale des migrations au service du développement durable, conformément aux principes du Pacte mondial et au cadre national égyptien de gestion des migrations. Il a également insisté sur la nécessité que l’OIM définisse ses priorités en concertation étroite avec les gouvernements des pays en développement, qui supportent une charge considérable dans la gouvernance migratoire.
Le ministre a par ailleurs annoncé la participation de l’Égypte au Forum international d’examen des migrations à New York, où le pays présentera son deuxième rapport national volontaire. Il a rappelé à cette occasion que l’Égypte est un État pionnier dans la mise en œuvre du Pacte mondial, et qu’elle défend une approche intégrée conjuguant impératifs humanitaires et objectifs de développement.
Un appel à un financement structurel durable
Le Dr Abdel-Aati a fermement plaidé pour que le soutien international ne se limite pas à des programmes de court terme, mais se traduise par un appui structurel et des financements pérennes, permettant aux gouvernements de maintenir durablement les services aux migrants et de renforcer la résilience des communautés d’accueil.
Il a également détaillé l’approche globale adoptée par l’Égypte face au phénomène migratoire : lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière par le développement socio-économique, réforme de l’enseignement et de la formation professionnelle pour accroître l’employabilité des jeunes en Égypte comme à l’étranger, création de voies légales pour la mobilité de la main-d’œuvre, renforcement du contrôle aux frontières et démantèlement des réseaux criminels de passeurs et de trafiquants d’êtres humains.
Des filières légales pour les jeunes Égyptiens
Le ministre a souligné que l’ouverture de voies migratoires régulières constitue l’un des piliers de la politique migratoire égyptienne. L’État travaille ainsi avec ses partenaires internationaux à multiplier les opportunités de formation et de migration légale pour les jeunes Égyptiens, vers des secteurs professionnels en tension dans les pays de destination, en veillant à la protection des droits des travailleurs migrants.
Gaza : un engagement humanitaire réaffirmé
Le Dr Abdel-Aati a également évoqué le rôle continu de l’Égypte dans la réponse humanitaire à Gaza, notamment en facilitant l’acheminement de l’aide et le soutien aux populations affectées. Il a réaffirmé l’importance d’une coordination renforcée avec l’OIM et les agences onusiennes pour répondre efficacement aux besoins des habitants, en soulignant le respect du droit international et le rejet catégorique de tout déplacement forcé de la population gazaouie.
De son côté, Amy Pope a salué la coopération fructueuse entre l’Égypte et l’OIM au fil des années, saluant le rôle remarquable joué par Le Caire dans l’accueil d’un grand nombre de migrants et de réfugiés — témoignage, selon elle, de la stabilité et de la sécurité que l’Égypte offre à ses hôtes. Elle a exprimé sa volonté de continuer à approfondir ce partenariat dans les mois à venir.





