L’Afghanistan fait face à une série de catastrophes naturelles meurtrières qui ont coûté la vie à au moins 77 personnes et fait 137 blessés, selon les derniers chiffres officiels communiqués par le gouvernement. Ces dernières semaines, plusieurs provinces du pays ont été balayées par des pluies torrentielles et des chutes de neige massives, provoquant des inondations de grande ampleur qui ont détruit ou endommagé environ 3 500 habitations.
Les dégâts matériels sont considérables. Le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, a précisé que les intempéries ont dévasté plus de 5 000 hectares de terres agricoles et causé la perte de plus d’un millier de têtes de bétail. Dans la province de Zabul, un phénomène météorologique rare a particulièrement frappé les esprits : des chutes de neige printanières inédites, atteignant par endroits 75 centimètres d’épaisseur, ont paralysé les axes routiers et ravagé les cultures locales. Les provinces de Ghazni et de Wardak n’ont pas été épargnées, la neige tombant alors que les arbres étaient en pleine floraison.
Sur le terrain, la situation humanitaire demeure précaire. Dans le district de Jaghori, des habitants témoignent d’une mobilité réduite à néant et d’une détresse croissante face à l’isolement. Malgré les efforts du ministère des Transports pour déblayer les routes, plusieurs axes stratégiques, dont la liaison vitale entre Kaboul et Jalalabad, restaient bloqués vendredi en raison de glissements de terrain et d’éboulis rocheux.
Cette vague d’intempéries paradoxale survient alors que l’Afghanistan subit de plein fouet les effets du dérèglement climatique. Selon les Nations unies, le pays sort à peine d’un hiver (2025-2026) historiquement sec, le plus aride observé en 25 ans. Pour les experts en météorologie, ces précipitations printanières brutales dans des régions habituellement tempérées constituent une anomalie climatique majeure, soulignant la vulnérabilité extrême de la région face aux bouleversements environnementaux mondiaux.





