Le concept historique de « relation spéciale » entre le Royaume-Uni et les États-Unis appartiendrait désormais au passé. Selon Peter Ricketts, ancien conseiller à la sécurité nationale dont les propos ont été rapportés par le quotidien The Independent, Washington n’est plus l’allié fiable sur lequel Londres pouvait autrefois compter.
Le constat de Lord Ricketts est sans appel : le Royaume-Uni doit « oublier complètement » l’idée d’un lien privilégié avec les États-Unis. Interrogé au micro de l’émission Today sur BBC Radio 4, l’ancien haut responsable a exhorté le gouvernement britannique à réviser sa doctrine diplomatique. Pour lui, le partenariat avec Washington est devenu une simple « relation utilitaire », similaire à celle que les États-Unis entretiennent avec n’importe quel autre pays.
Un point de rupture diplomatique
Cette analyse intervient alors que les rapports entre le Premier ministre Keir Starmer et le président Donald Trump se sont considérablement dégradés. Les critiques réitérées du président américain contre la gestion par Londres du conflit avec l’Iran ont mis en lumière une fracture béante au plus haut sommet de l’État. Selon Peter Ricketts, la guerre au Moyen-Orient a agi comme un « puissant signal d’alarme » pour la diplomatie britannique, révélant la volatilité des décisions américaines.
Un pivot nécessaire vers l’Europe
Si la coopération technique entre les services des deux pays devrait se poursuivre dans l’ombre, Lord Ricketts souligne que les relations politiques sont devenues « extrêmement difficiles et instables ». Il estime qu’après cinquante ans de carrière dans les affaires étrangères, il est temps de reconnaître que les intérêts américains se sont détournés de l’Europe.
Face à cette nouvelle réalité géopolitique, l’ancien conseiller préconise un changement de cap radical. Il appelle le Royaume-Uni à se rapprocher de ses partenaires européens pour apprendre à naviguer dans un monde où l’appui inconditionnel de l’Amérique n’est plus garanti. « Nous ne pouvons plus compter sur le type de relation que nous avons connu au cours des cinq dernières décennies », a-t-il conclu, marquant ainsi ce qui pourrait être la fin d’une ère diplomatique majeure.





