Entre initiatives diplomatiques pour contenir les tensions au Moyen-Orient, signaux prudents de reprise économique, grands projets d’infrastructures et découvertes archéologiques majeures, l’Égypte continue de capter l’attention de la presse internationale. Tour d’horizon des principales analyses et informations relayées cette semaine.
Politique
Crise au M-O : L’Égypte intensifie ses efforts diplomatiques

Le ministre des Affaires étrangères de Égypte, Badr Abdel Aati, a mené une série d’entretiens téléphoniques avec plusieurs acteurs clés, dont l’émissaire américain Steve Witkoff et son homologue iranien Abbas Araqchi, afin de discuter de solutions pour apaiser les tensions régionales.
Ces échanges s’inscrivent dans un contexte de forte escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, avec des risques croissants d’extension du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient.
Selon Le Caire, les discussions ont porté sur des propositions concrètes de désescalade, notamment autour de la sécurité maritime et de la réouverture du détroit stratégique d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial de pétrole.
L’Égypte s’affirme ainsi comme un acteur diplomatique actif, aux côtés de la Turquie et du Pakistan, qui tentent également de jouer un rôle de médiation dans la crise.
Islamabad a récemment accueilli une réunion régionale consacrée à la désescalade, preuve d’une mobilisation croissante de plusieurs puissances pour éviter un embrasement généralisé.
Dans ce contexte tendu, les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter de contenir le conflit, alors que les risques pour la stabilité régionale et les marchés énergétiques mondiaux restent élevés.
Économie
Moody’s confirme la notation Caa1 avec perspective positive


L’Égypte maintient sa notation Caa1 avec perspective positive grâce aux surplus fiscaux et à une politique monétaire stricte, malgré les défis liés à la dette publique.
L’agence de notation Moody’s Ratings a confirmé la note souveraine de l’Égypte à Caa1 en devises étrangères et locales, tout en maintenant sa perspective à Positive, indiquant une confiance prudente dans les réformes économiques en cours. Cette décision repose sur des surplus fiscaux primaires soutenus depuis l’exercice 2024 et une politique monétaire stricte du Central Bank of Egypt visant à réduire l’inflation, retombée à 13,4 % en février 2026, contre une moyenne de 33,3 % en 2024. Malgré ces progrès, Moody’s souligne que le niveau élevé de la dette publique (au‑delà de 82 % du PIB) et les besoins importants de financement demeurent des vulnérabilités clés. L’agence prévoit un excédent primaire moyen d’environ 4 % du PIB dans les prochaines années grâce à des réformes fiscales en cours, dont la suppression d’exonérations et une meilleure collecte des recettes.
Industrie
Transport ferroviaire pharaoniques : Les entreprises européennes à pied d’œuvre


L’Égypte entreprend de grands travaux dans les réseaux de transports électriques. Les ingénieristes ferroviaires français, Systra en tête, y prennent une bonne part.
Pour la Green Line, entre la mer Rouge et la Méditerranée, Systra pilote la construction du plus haut pont ferroviaire d’Afrique : le Khor Mayo Bridge.
La gare, monumentale, trône au milieu du désert. Elle vient de recevoir ses premiers rails. Située à 45 km à l’est du Caire, New capital station fait partie des 60 constructions qui jalonneront le futur réseau Electric express train (EET). Le président Abdel Fattah Al-Sissi, a lancé son pays dans des travaux pharaoniques. À commencer par cette Nouvelle capitale pour désengorger le Grand Caire qui compte 23 millions d’habitants.
Archéologie
Reçus fiscaux, exercices scolaires…
Découverte de milliers de témoignages écrits de l’Égypte antique


Un coup d’œil inédit sur « l’histoire sociale et économique de l’Égypte à travers les âges », se félicite dans un communiqué le ministère du Tourisme et des Antiquités du pays. Le 12 mars, une mission archéologique germano-égyptienne a fait part de la découverte de 13 000 nouveaux fragments de tessons de poterie servant à la pratique de l’écriture, aussi appelés ostraca, sur le site d’Athribis.
« Nous avons trouvé des listes relatives aux impôts et à des livraisons, des courtes notes sur les activités quotidiennes, des exercices scolaires, des textes religieux et des certificats sacerdotaux attestant de la qualité des animaux sacrificiels. C’est ce mélange qui rend la découverte si précieuse », s’enthousiasme le professeur Christian Leitz, de l’Université de Tübingen, qui codirige la mission avec Mohamed Abdelbadia, du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes. Les spécialistes épluchent depuis 2003 l’extraordinaire collection qu’abrite ce site antique de Haute Égypte, le sud du pays.
D’autres découvertes à venir
Les ostraca sont rédigés en égyptien démotique, écriture simplifiée souvent utilisée par l’administration, mais aussi en grec, en arabe ou en copte, selon les époques. Les textes les plus anciens datent du IIIe siècle avant J.-C., les derniers du XIe siècle de notre ère. Parmi les curiosités, un ostraca sert de support à une conversation scolaire en grec dont la traduction pourrait être la suivante : « Je t’ai écrit. Tu ne m’as pas écrit. Je te l’ai dit. Tu ne me l’as pas dit (…) »
L’université de Tübingen note également la présence d’horoscopes, des prédictions de naissance fondées sur l’astronomie et l’astrologie antiques. D’après Sciences et Avenir, certains tessons décrivent aussi des tâches quotidiennes comme « aller chercher de la pierre pour le scribe » ou « faire des offrandes au dieu ».
« Le nombre élevé et toujours croissant d’objets est encourageant, mais il nous pose également des défis », renseigne Christian Leitz, qui évoque la lente opération de numérisation des plus de 40 000 tessons. Son équipe n’est pas plus au bout de ses peines. Ni de ses surprises. « Nous nous attendons à trouver beaucoup plus d’ostraca », assure le professeur. Situé à 200 kilomètres de Louxor et une dizaine du Nil, Athribis abrite les vestiges de l’un des plus grands temples égyptiens de l’époque ptolémaïque.





