L’Égypte a opéré une transformation structurelle majeure de son mix énergétique renouvelable à la fin de l’année 2025. Après des décennies où l’énergie hydroélectrique — portée notamment par le Haut Barrage d’Assouan — constituait la quasi-unique colonne vertébrale de l’électricité propre, le pays ne dépend désormais plus d’une source unique. Le pays entre dans une nouvelle ère fondée sur la diversification entre le solaire, l’éolien et l’hydraulique.
Une transition réussie
La capacité totale installée d’énergies renouvelables en Égypte a atteint environ 9,1 GW fin 2025, un chiffre qui témoigne d’un essor fulgurant des investissements et des réalisations ces dernières années, selon Aboutmsr. Cette puissance n’est plus l’apanage du Haut Barrage ; elle est désormais répartie entre trois sources principales de capacités comparables.
Le solaire en tête pour la première fois
Pour la première fois dans l’histoire de l’Égypte, l’énergie solaire arrive en tête des sources renouvelables avec une capacité d’environ 3,2 GW, dépassant toutes les autres sources. Cette progression résulte de l’expansion de mégaprojets tels que le complexe de Benbane à Assouan, ainsi que de nouveaux sites en Haute-Égypte, notamment le projet « Obélisque » à Nag Hammadi, qui marque le début d’une vague d’extensions majeures pour les années à venir.
Cette ascension reflète une dépendance croissante au solaire, considéré comme la source la plus rapide à déployer et la moins coûteuse à long terme, compte tenu de l’exceptionnel ensoleillement du pays.
L’éolien : Un allié stratégique pour la stabilité du réseau
Parallèlement, l’énergie éolienne a enregistré environ 3 GW, principalement concentrés dans les zones du golfe de Suez, comme Ras Ghareb et Gabal el-Zeit, classées parmi les meilleurs sites au monde pour la production éolienne. Cette source joue un rôle complémentaire crucial : elle produit de l’énergie lorsque le soleil fait défaut, contribuant ainsi à la stabilité du réseau électrique national.
Avec la mise en service de nouveaux projets, notamment à Ras Chokeir, les capacités éoliennes devraient bondir de manière significative d’ici quelques années.
Un impératif économique et sécuritaire
Cette mutation intervient à un moment critique où l’Égypte cherche à réduire sa dépendance au gaz naturel pour la production d’électricité, face à la hausse des coûts d’importation et de la demande locale. Désormais, les énergies renouvelables ne sont plus seulement un choix environnemental, mais une nécessité économique et un outil stratégique de sécurité énergétique.





