Deux crises majeures se croisent simultanément, projetant leur ombre sur l’économie asiatique en 2026. D’un côté, la guerre américano-israélienne contre l’Iran continue d’avoir des répercussions croissantes sur les marchés de l’énergie et le transport maritime depuis son déclenchement fin février. De l’autre, les risques liés aux droits de douane américains et à l’incertitude commerciale s’accumulent. Cette conjonction fait de l’année en cours un véritable test de résilience pour les économies de la région, qui représentent à elles seules environ 32 % du commerce mondial.
Avertissements des institutions internationales
Les grandes institutions économiques internationales s’accordent à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour l’Asie-Pacifique, malgré des écarts dans les estimations. Selon le journal chinois South China Morning Post, ce consensus est notable. Le Fonds monétaire international, dans son rapport « Perspectives de l’économie mondiale » publié en début de semaine, prévoit une croissance de seulement 4,9 % pour les marchés émergents et l’Asie en développement cette année, contre 5,5 % en 2025.
Dans le même temps, la Banque asiatique de développement a abaissé ses prévisions à 5,1 %, contre 5,4 % l’an dernier, invoquant le poids du conflit au Moyen-Orient et la persistance de l’incertitude commerciale.
Quant à la Banque mondiale, elle se montre plus prudente encore, estimant que la croissance en Asie de l’Est et dans le Pacifique ne dépassera pas 4,2 %, contre 5 % en 2025, en raison du choc énergétique provoqué par la guerre et des barrières commerciales élevées.
La Chine résiste
Malgré une croissance de 5 % au premier trimestre, conforme aux objectifs officiels, et les assurances du ministre des Finances Lan Fo’an quant au rôle moteur de la Chine dans l’économie mondiale, les institutions internationales ont également revu leurs prévisions à la baisse.
La Banque asiatique de développement anticipe une croissance de 4,6 % en 2026 (contre 5 % en 2025), tandis que le FMI et la Banque mondiale tablent sur 4,2 %, signalant que la deuxième économie mondiale ne sera pas épargnée par le ralentissement global.
Un coup dur pour les chaînes d’approvisionnement
Selon le journal chinois, les avertissements de l’Organisation mondiale du commerce dans son rapport « Perspectives et statistiques du commerce mondial » publié en mars illustrent le coût potentiel du conflit. Si les prix du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié restent élevés tout au long de 2026, la croissance mondiale pourrait reculer de 0,3 point de pourcentage, et le commerce des marchandises de 0,5 point.
Les économies manufacturières asiatiques sont particulièrement exposées, en raison de leur forte dépendance à l’énergie importée, aux matières premières et aux composants intermédiaires, essentiels notamment pour l’industrie de l’électronique grand public.
Concernant le transport maritime, artère vitale de ces échanges, Simon Heaney, directeur de recherche chez Drewry, a averti que « toute escalade militaire pèsera lourdement sur le commerce mondial et affectera négativement les performances des compagnies maritimes », soulignant l’inquiétude croissante face à une possible extension du conflit.
Les droits de douane, un risque persistant
Parallèlement à la crise énergétique, les pays de la région continuent de faire face aux conséquences des droits de douane américains. Bien que la Cour suprême des États-Unis ait annulé certaines taxes imposées par Donald Trump en vertu de pouvoirs d’urgence, et que plusieurs pays aient conclu des accords commerciaux avec Washington, certains de ces accords arrivent à échéance cette année.
Dans un contexte de menaces répétées de rétablissement des droits de douane par d’autres voies juridiques, l’incertitude demeure, constituant un frein majeur à toute planification économique à long terme dans la région.
Source: AlQahera News





