L’Égypte entame une nouvelle phase dans sa stratégie de transition énergétique. Grâce à un nouveau financement européen pour un projet solaire au sein du complexe de Benbane à Assouan, la capacité totale du site atteindra près de 2 gigawatts (GW). Cette étape marque également le premier déploiement commercial à grande échelle de la technologie de stockage d’énergie par batterie dans le pays.
Un nouveau financement européen pour Benbane
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a approuvé un prêt de 65 millions de dollars en faveur de HAU Energy, une filiale du groupe Hassan Allam. Ce montant est destiné à financer la construction d’une centrale solaire de 200 mégawatts (MW) au sein du complexe de Benban. L’investissement total pour cette nouvelle unité est estimé à environ 170 millions de dollars.
Le financement est structuré sous forme de prêt relais à la construction, utilisé pendant la phase d’exécution, avant d’être remplacé par un financement à long terme une fois la structure financière du projet finalisée, rapporte Khas Misr.
Un consortium multinational
Le projet est porté par une alliance stratégique incluant Hassan Allam Utilities, la société française Meridiam et la BERD. Le développement est réalisé conjointement avec Infinity Power (partenaire de l’entreprise émiratie Masdar). Cette synergie confère au projet une dimension régionale forte, l’inscrivant pleinement dans la cartographie des investissements du Golfe dans le secteur énergétique égyptien.
Première introduction du stockage par batteries
Au-delà de la production, le projet innove en intégrant un système de stockage d’énergie par batterie (BESS) d’une capacité de 120 MWh. Il s’agit d’une avancée qualitative pour le marché égyptien : cette technologie permet de stocker l’électricité produite pendant les pics d’ensoleillement pour la réinjecter sur le réseau en cas de besoin, garantissant ainsi la stabilité de l’approvisionnement et limitant les pertes.
Benbane franchit le seuil des 2 GW
Le complexe de Benbane, l’un des plus grands parcs solaires au monde, affiche actuellement une capacité de 1,8 GW. Avec l’ajout de ces 200 MW supplémentaires, la puissance totale avoisinera les 2 GW. Cette extension témoigne de la volonté de maximiser les infrastructures existantes plutôt que de créer de nouveaux sites dispersés.
Réduction des émissions et sécurité énergétique
Selon les données de la BERD, ce projet devrait réduire les émissions de CO₂ d’environ 280 000 tonnes par an. Le projet doit de même diminuer la dépendance aux combustibles fossiles, notamment le gaz naturel.
Il est prévu que ce projet renforce la résilience du réseau électrique égyptien face aux fluctuations des marchés énergétiques mondiaux.





