La voix éternelle de la conscience arabe
92 ans après le lancement de la radio égyptienne officielle, le célèbre appel « Ici Le Caire » continue de résonner comme le symbole d’une époque où l’Égypte exerçait pleinement son rôle de phare culturel et médiatique dans le monde arabe. À l’occasion de cet anniversaire, responsables des médias et professionnels de l’information ont salué l’héritage exceptionnel d’une institution qui a marqué des générations d’auditeurs.
Le 31 mai 1934 : Le jour où l’Égypte a parlé au monde
Le destin culturel de la région a basculé un certain soir de mai 1934. En commémorant cet événement, l’ingénieur Khaled Abdel Aziz a souligné que le célèbre appel « Hona El-Qahera » (Ici Le Caire) n’était pas une simple annonce technique, mais un acte fondateur du rôle pionnier de l’Égypte. « Ce jour-là est le témoin le plus sincère de la grandeur de ce pays et de sa dette culturelle envers tout l’Orient », a-t-il déclaré.
Cette transition historique a mis fin à l’ère des radios privées et régionales – telles que Sheridan, Elias Chaqal ou Marconi – pour structurer la voix officielle de l’État depuis la mythique rue El-Sherifein. C’est à l’ingénieur et artiste Ahmed Salem que l’on doit ce générique historique, tandis que Saïd Pacha Lotfi, brillant diplômé d’Oxford et frère du père du libéralisme égyptien Ahmed Loutfi El-Sayed, devenait le premier directeur de la radio officielle.
Une programmation inaugurale légendaire
La richesse du programme de cette première journée reflète l’apogée intellectuel et artistique de l’Égypte des années 1930. Sous la présentation magistrale de Mohamed Fathi, affectueusement surnommé « le rossignol de la radio », les auditeurs ont d’abord été captivés par la voix céleste du cheikh Mohamed Rifaat récitant le Saint Coran.
Le programme a ensuite laissé place aux géants de la musique et de la littérature : la légendaire Oum Kalthoum, l’astre de l’Orient, le compositeur de génie Mohamed Abdel Wahab, et le maître du tarab Saleh Abdel Hai. La poésie et les lettres étaient également à l’honneur avec deux poèmes du prince des poètes Ahmed Chawqi, suivis d’une intervention de l’écrivain Ali El-Garem. Enfin, les mélomanes ont pu apprécier le talent du virtuose du piano Medhat Assem et du maître du violon d’origine syrienne, Sami El-Chawa. Un plateau d’exception qui allait façonner l’identité musicale de la région pour les décennies à venir.
Le phare culturel de la langue arabe
Après plus de neuf décennies, « Hona El-Qahera » demeure le symbole d’une Égypte exportatrice de lumière et de modernité. Pour le président du SCRM, le Caire reste cette école unique qui a vu défiler des générations de créateurs et de journalistes dont l’empreinte est indélébile. Malgré les crises et les vicissitudes de l’histoire, la radio égyptienne a su préserver son statut de « faiseuse de stars » et de gardienne du raffinement de la langue arabe.
De son côté, le Conseil du Syndicat des professionnels des médias, présidé par le Dr Tarek Saada, a adressé ses félicitations à l’ensemble des professionnels du secteur. Il a rappelé que la radio n’a jamais été un simple outil de divertissement, mais le véritable trait d’union entre les peuples arabes, vibrant au rythme de leurs espoirs et de leurs combats communs.
Un rempart moderne contre la désinformation
Aujourd’hui, face aux défis contemporains du paysage médiatique mondial, la mission de la Radio égyptienne est plus cruciale que jamais. Dr Tarek Saada a mis en avant le rôle de sensibilisation et le devoir national que portent les médias égyptiens face à la prolifération des rumeurs et des fausses informations qui ciblent l’État.
Saluant le message noble et patriotique des professionnels des médias, le syndicat a réitéré son soutien à ceux qui continuent d’éclairer l’opinion publique, de diffuser le savoir et de promouvoir les valeurs positives au sein de la société. Plus que jamais, l’écho de 1934 résonne comme une promesse d’avenir pour le journalisme égyptien.




