Selon un rapport du média américain Axios, citant trois responsables américains et israéliens, l’administration du président Donald Trump a informé Israël qu’elle prévoyait de déployer des dizaines d’avions ravitailleurs supplémentaires sur le territoire israélien occupé, en prévision d’une éventuelle extension des opérations militaires contre l’Iran.
Le rapport indique qu’après avoir examiné plusieurs nouveaux plans militaires lors d’une réunion de la cellule de crise mardi, Donald Trump envisagerait une offensive de grande ampleur contre l’Iran, plus vaste que les frappes actuellement menées autour du détroit d’Ormuz.
Parmi les options étudiées figurent des frappes contre des infrastructures iraniennes, notamment des centrales électriques, de nouvelles attaques contre les installations nucléaires afin d’enfouir davantage les stocks d’uranium enrichi, ainsi qu’un bombardement d’un site souterrain situé dans la montagne Al-Fas, soupçonné d’abriter une installation en construction.
Aucune décision définitive n’a toutefois été prise. Selon les responsables cités, Donald Trump semblerait néanmoins disposé à intensifier le conflit afin d’infliger des dommages suffisants pour contraindre l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz et à accepter les exigences américaines sur le dossier nucléaire.
Toujours selon Axios, Trump pourrait ordonner une nouvelle escalade dans les prochains jours, alors que l’armée américaine a poursuivi, pour le cinquième jour consécutif, ses frappes contre des objectifs iraniens dans le détroit d’Ormuz et sur la côte sud de l’Iran.
Un responsable américain affirme que les forces américaines ont bombardé au moins sept ponts autour de Bandar Abbas, principal centre opérationnel des Gardiens de la révolution dans le détroit d’Ormuz, afin de perturber le passage des munitions, des approvisionnements et des renforts.
Parallèlement, l’Iran a intensifié ses attaques contre des bases américaines en Jordanie, au Qatar, à Bahreïn, en Irak et au Koweït. Les Gardiens de la révolution ont également affirmé avoir visé une base américaine en Syrie, bien que les forces américaines s’en soient retirées plusieurs mois auparavant.
Les États-Unis disposent actuellement d’environ 30 avions ravitailleurs à l’aéroport international Ben Gourion, près de Tel-Aviv, et d’un nombre similaire à l’aéroport Ramon, dans le sud d’Israël. Des responsables israéliens indiquent que Washington souhaite envoyer plusieurs dizaines d’appareils supplémentaires afin de retrouver le niveau de déploiement observé au début de la guerre.
L’armée américaine privilégierait les opérations depuis l’aéroport Ben Gourion, les autres bases aériennes de la région étant jugées plus exposées aux attaques iraniennes et moins sûres pour les appareils américains.
Selon le rapport, la présence massive de ces avions ravitailleurs est devenue un sujet politique sensible en Israël. Les appareils stationnés à l’aéroport Ben Gourion saturent les infrastructures aéroportuaires, alors que le trafic aérien civil a repris avec la réouverture de l’espace aérien et le début des vacances d’été. Cette situation pourrait entraîner l’annulation de nombreux vols commerciaux.
À trois mois des élections législatives israéliennes, cette question pourrait fragiliser la coalition dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahou.
La ministre israélienne des Transports, Miri Regev, proche alliée de Netanyahou, a demandé le transfert des avions ravitailleurs américains hors de l’aéroport Ben Gourion ou, à défaut, une réduction de leur nombre. Le ministère israélien de la Défense et l’armée s’y sont opposés, tandis que l’administration Trump a demandé à Israël d’accueillir ces renforts. Selon Axios, la décision finale reviendra à Benjamin Netanyahou.





