La mairie de la ville est toujours en proie aux flammes après que des individus cagoulés ont brisé des vitres pour pénétrer dans l’édifice. Ailleurs dans la ville, une voiture de police a été brûlée tandis que des commerces ont été pillés.
Un incendie en cours a partiellement détruit l’hôtel de ville de Limoges (Haute-Vienne) ce samedi soir, après qu’un groupe d’individus a attaqué l’édifice inauguré en 1883, lors desviolences en marge de la mobilisation contre « la vie chère ».
Le bâtiment « est en grande partie perdu », s’est désolé le préfet de Haute-Vienne. Le beffroi de la mairie de Limoges s’est effondré peu avant 21 heures, tandis que le toit du bâtiment a été détruit par les flammes.
Le feu qui s’est propagé sur une aile du bâtiment a atteint le toit, dont les poutres menaçaient de s’effondrer, selon un correspondant de l’AFP. Peu avant 21 heures, le toit a été détruit et les flammes, tandis qu’un immense panache de fumée s’échappait du bâtiment.
Plusieurs milliers de personnes participaient à la manifestation avant que des violences ne surviennent en fin de parcours. Après avoir brûlé une voiture de la police municipale devant l’hôtel de ville, des individus cagoulés ont brisé des vitres pour pénétrer à l’intérieur et mettre le feu.
Des violences ont eu lieu près d’un échangeur routier de l’agglomération, où des casseurs ont incendié une voiture de la police nationale, selon le quotidien Le Populaire du Centre. Dans le centre-ville, des commerces ont été pillés. Des affrontements ont également eu lieu avec les forces de l’ordre aux abords de la préfecture de Haute-Vienne, avec jets de projectiles, tirs de mortiers et grenades lacrymogènes.
Vers 20 heures, les pompiers luttaient toujours contre les flammes pour éviter l’embrasement de l’ensemble de l’hôtel de ville, dont l’architecture est inspirée de l’Hôtel de ville de Paris. Face à la mairie en feu, une employée se jette dans les bras d’une élue. Sous le choc, elle regarde une partie du bâtiment partir en fumée. Autour d’elle, l’incrédulité domine, mêlée à la colère et à la tristesse. « C’est une catastrophe. Ça me désole de voir ça. C’est impensable, inadmissible. Il ne faut pas juger les gens qui manifestent, mais qu’on manifeste, d’accord… Mettre le feu, merde ! », s’indigne un témoin.
Gabriel et Antoine, 20 et 22 ans, étudiants en électricité et en finance, ne comprennent pas davantage ce qui a pu conduire à une telle situation. « Pourquoi brûler ? On ne voit pas l’intérêt. Si on veut davantage de moyens, il ne faut pas casser une mairie. C’est intolérable. Comment a-t-on pu laisser une mairie sans défense ? On a l’impression que les casseurs sont facilement entrés. », se désolent les jeunes hommes.
Classé Monument historique, l’hôtel de ville de Limoges est un des édifices historiques de la capitale limousine. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a notamment servi de refuge aux parlementaires belges en exil, alors que le royaume de Belgiqueavait capitulé face à l’envahisseur nazi.
L’édile de la ville Guillaume Guérin, a pris la parole peu avant 21 heures, rapporte Ici Haute-Vienne. « Il n’y a pas de mots pour condamner ce qu’il s’est passé tellement c’est abject. », a-t-ildéclaré, assurant qu’une « continuité de service » sera assurée dimanche, alors que le bâtiment est inutilisable. Le maire s’est ensuite adressé aux « délinquants » : « Vous serez arrêtés », a lancé l’élu LR. « Ils sont venus pour tuer, c’est ce qui a été dit par les policiers et ce qui a été dit sur les vidéos ».
Selon Guillaume Guérin, les forces de l’ordre ont été rapidement dépassées par les violences. La police s’est trouvée « à cours de moyens de désencerclement dès 15h15 », a-t-il expliqué.
Dans un communiqué transmis au Parisien, le président du département de la Haute-Vienne a adressé son soutien au maire de Limoges Guillaume Guérin. « La mairie, c’est la maison commune (…) c’est un lieu de service public (…) un symbole de la République », a rappelé Jean-Claude Leblois. « S’en prendre à elle, c’est s’en prendre à chacun d’entre nous. »





