Le président Abdel Fattah Al-Sissi a inauguré, lundi matin, les travaux du Forum Égypte 2026, au centre de conférences de l’hôtel St. Regis, dans la nouvelle capitale administrative, en présence du président de la Chambre des représentants, le conseiller Hicham Badawi, du président du Sénat, le conseiller Essam Eddine Farid, du Premier ministre, Dr Moustafa Madbouli, ainsi que de plusieurs ministres et hauts responsables de l’État.
Selon le porte-parole officiel de la présidence de la République, l’ouverture du forum a débuté par la récitation de versets du Coran, suivie de la projection d’un film intitulé « Qu’attendons-nous de ce forum ? », puis d’une séquence consacrée aux origines du parcours national, sous le titre « D’où sommes-nous partis ? ». Cette dernière a été ponctuée par la diffusion du film « Si vous rencontriez le président, que lui diriez-vous ? », avant une intervention du Premier ministre, Dr Moustafa Madbouli. Un film intitulé « L’Égypte vue par le monde » a ensuite été présenté, suivi d’une séquence sur le sens de l’identité égyptienne. La première partie de la séance s’est achevée par une interprétation de la chanson « Égyptien » par une chorale d’enfants de l’Opéra. Le président Al-Sissi a salué les jeunes artistes à l’issue de leur prestation.
L’ambassadeur Mohamed Al-Chennawy, porte-parole officiel de la présidence, a précisé que la deuxième partie de la séance avait été consacrée à l’identité nationale, à travers plusieurs présentations et films portant notamment sur la formation de la conscience, les sources d’information privilégiées par la génération Z, les effets négatifs des réseaux sociaux, la désinformation et l’utilisation des technologies, ainsi que les rumeurs et leurs répercussions sur la société égyptienne. Une séquence a également été consacrée à la plateforme de lutte contre les rumeurs, avant la projection d’un film intitulé « Le rêve et la réalité ».
Au cours de son intervention, le président Al-Sissi a souligné que la priorité, lors de la préparation du forum, avait été de présenter des données gouvernementales précises et exhaustives, tout en donnant la parole aux différents courants d’opinion, en examinant leurs arguments et en acceptant les critiques. Il a de nouveau insisté sur l’importance de la sensibilisation et de la lutte contre les tentatives d’effacement de la mémoire nationale, notamment sur les réseaux sociaux. Il a rappelé que de telles tentatives avaient déjà été observées avant 2014, estimant que les efforts visant à affaiblir le rôle d’un pays aussi peuplé et stratégique que l’Égypte se poursuivraient. Il a décrit cette situation comme un affrontement auquel l’État et son peuple sont confrontés.
Le chef de l’État a expliqué que ses références répétées aux événements de 2011 visaient à raviver la mémoire collective et à renforcer la conscience nationale, en particulier auprès des enfants et des jeunes qui n’ont pas vécu cette période. Tout en reconnaissant la légitimité des divergences d’opinion, il a souligné qu’une ligne rouge ne devait pas être franchie : la préservation de l’État égyptien.
Le président a également rappelé que la stabilité obtenue au cours des dernières années avait exigé un lourd tribut humain et financier. L’Égypte, a-t-il indiqué, a consenti d’importants sacrifices, notamment avec la mort de membres des forces armées, de la police et du pouvoir judiciaire, ainsi que de fidèles dans les mosquées et les églises. Des ressources considérables ont également été mobilisées pour rétablir la stabilité et lutter contre le terrorisme. Il a ainsi réitéré la nécessité de rappeler les conditions d’insécurité qui ont marqué la période allant de 2011 à 2013, afin que la stabilité demeure profondément ancrée dans la conscience collective.
Abordant les risques liés à l’utilisation des réseaux sociaux, le président Al-Sissi a appelé à la modération dans tous les domaines et mis en garde contre les excès. Il a dénoncé les tentatives visant à isoler les individus, à manipuler les opinions et à mobiliser des groupes de citoyens dans le but de déstabiliser leur propre pays. Il a également souligné la responsabilité des familles égyptiennes dans la recherche d’un équilibre entre les progrès technologiques et la supervision de l’utilisation des outils numériques par leurs enfants.
Le président a précisé que le forum avait pour objectif d’examiner les réalisations des différents secteurs de l’État, en présentant la situation avant et après les projets de développement. Il s’agit également de permettre aux citoyens de suivre de près les progrès accomplis, compte tenu des circonstances et des moyens disponibles, notamment dans la résolution de problèmes longtemps considérés comme difficiles à surmonter. Il a rappelé que cette démarche devait contribuer à rassurer les citoyens sur l’avenir de leur pays, soulignant que « tous partent, mais l’Égypte demeure ».
Le chef de l’État a par ailleurs indiqué que les Égyptiens avaient engagé, au cours des dernières années, une véritable phase de construction de l’État. Il a reconnu que les décisions prises comportaient des risques élevés, mais les a jugées nécessaires, compte tenu notamment de l’augmentation de la population égyptienne, qui s’est accrue de près de 30 millions d’habitants depuis 2011.
Enfin, le président Al-Sissi a appelé les citoyens à suivre attentivement les débats et les données présentées lors du forum, compte tenu de leurs répercussions sur leur vie quotidienne. Il a précisé que le gouvernement exposerait les mesures mises en œuvre au cours des dernières années, la situation qui aurait prévalu en l’absence de ces interventions, ainsi que les perspectives et les priorités pour la période à venir.





