En ouverture des activités de la deuxième journée du « Forum Égypte 2026 » :
Le Premier ministre répond en détail aux interrogations des citoyens et aux préoccupations de l’opinion publique sur les questions de « Développement urbain et d’aménagement du territoire »
Pourquoi l’État a-t-il consacré un volume si important de dépenses aux projets nationaux au cours des dernières années, en particulier dans les domaines de la construction, du bâtiment et des transports ? Et quel en est le retour économique et social pour le citoyen ?
Le Dr Moustafa Madbouli, Premier ministre, est intervenu lors d’une session intitulée « Développement urbain et d’aménagement du territoire », en ouverture des activités de la deuxième journée du « Forum Égypte 2026 », placé sous le thème « Un regard sur aujourd’hui… Une vision pour demain », sous le patronage de Son Excellence le Président Abdel Fattah Al-Sissi, Président de la République, qui se tient du 19 au 24 octobre courant.
Cette session s’est déroulée en présence de plusieurs ministres, représentants d’institutions, experts, cadres exécutifs, universitaires et acteurs du secteur privé.
Au début de la session, le Premier ministre s’est dit heureux d’assister à cette rencontre qu’il a qualifiée de très importante, dans la mesure où elle concerne les enjeux du développement urbain et d’aménagement. Il a indiqué qu’il ouvrirait le dialogue en abordant les nombreuses questions et préoccupations soulevées à ce sujet afin d’y répondre et d’apporter des clarifications.
Il a commencé par s’interroger sur les motifs qui ont poussé l’État à allouer une telle ampleur de dépenses aux projets nationaux ces dernières années — notamment dans les secteurs de la construction, du bâtiment et des transports —, en demandant : quel en est le retour économique et social pour le citoyen égyptien ? La réalisation de l’ensemble de ces projets est-elle intervenue au moment opportun ? Aurait-on pu en exécuter certains et en reporter d’autres face aux défis économiques ? L’accent mis par l’État sur la création de villes nouvelles s’est-il fait au détriment de l’amélioration des services dans les villes existantes ? Et comment l’État garantit-il la mise en œuvre des programmes de développement dans l’ensemble des gouvernorats et des grandes villes ?
Pour répondre à ces questions et inquiétudes, le Premier ministre a attribué les raisons de la construction de nouvelles villes à ce que les générations successives connaissent bien concernant cette problématique, considérée comme l’un des problèmes majeurs et des défis fondamentaux de l’État : la concentration urbaine (l’espace habité) sur une portion extrêmement limitée du territoire égyptien, depuis les Égyptiens de l’Antiquité jusqu’au XXIᵉ siècle. Il a souligné qu’au début du XXᵉ siècle, la population de l’Égypte était inférieure à 10 millions d’habitants sur cette même superficie, puis est passée à environ 18 millions au moment de la révolution du 23 juillet 1952, pour atteindre aujourd’hui 110 millions d’habitants, laissant l’auditoire imaginer la situation si la surface habitée était restée inchangée face à une telle croissance démographique.
Dans le même ordre d’idées, le Dr Moustafa Madbouli a ajouté : « De la décennie 1970-1980 jusqu’aux années 2010-2011, nous avons assisté à une prolifération massive de l’habitat informel, à un grignotage rapide des terres agricoles, à une détérioration des services, et à l’enregistrement des villes égyptiennes parmi les taux de surpopulation les plus élevés au monde. Tel était l’état de l’espace habité égyptien. » Et de s’interroger : « L’État n’a-t-il pas tenté auparavant de traiter ce problème ? N’y avait-il pas des penseurs et des experts qui évoquaient ce sujet ? »
À cet égard, il a évoqué l’historien Dr Gamal Hemdan dans son ouvrage « La personnalité de l’Égypte », ainsi que les références de nombreux historiens affirmant qu’il n’y a d’autre solution pour l’Égypte que d’aller au-delà de la Vallée du Nil et du Delta pour urbaniser le désert, et que nous n’avons pas d’autre voie. Il a rappelé que les prémices de cette démarche remontent aux premières tentatives menées par l’État.
La toute première tentative fut celle du regretté président Anouar el-Sadate, lorsqu’il a lancé à la fin des années 1970 l’idée de créer des villes nouvelles.
Il a ajouté : « Nous rendons grâce à Dieu pour la persévérance du regretté président Anouar el-Sadate dans sa vision pour l’État égyptien et la réalisation de ces villes. Jusqu’en 2014, 22 nouvelles villes ont été créées, parmi lesquelles : le 10 de Ramadan, Sadat, le 6 Octobre, El Obour, El Shorouk, Le Caire Nouveau, et bien d’autres. »
Il a poursuivi : « Imaginons ce que serait devenue l’Égypte si ces villes n’avaient pas été créées ! » Il a mis en avant le nombre d’habitants résidant aujourd’hui dans ces villes ainsi que l’ampleur du développement réalisé, précisant que leur importance ne se limite pas au seul logement. Ces villes abritent en effet les fleurons industriels de l’Égypte, à l’instar des zones industrielles existantes au 6 Octobre, à Sadat, Borg Al Arab, El Obour et d’autres grandes villes industrielles.
Il a conclu en affirmant : « La question de la construction, de l’urbanisation du désert et de la mise en valeur des terres inexploitées est une nécessité absolue pour l’Égypte. Tout retard dans ce domaine entraîne des pertes, sous forme d’extension de l’habitat informel et d’empiétement sur les terres agricoles.
Si l’État ne devance pas les citoyens par une planification préalable, le développement et la mise à disposition de logements, les citoyens cherchent à résoudre leur problème par eux-mêmes en construisant des zones informelles et insalubres dont nous avons tous souffert. »




