Construire 200 000 logements destinés à la location
Le président Abdel Fattah Al-Sissi a participé, ce matin, à une session intitulée « Développement urbain et aménagement du territoire », dans le cadre de la deuxième journée du Forum Égypte 2026, en présence du Premier ministre, Moustafa Madbouli.
Selon le porte-parole officiel de la présidence de la République, la session a porté sur les efforts déployés par l’Égypte depuis 2014 en matière de développement urbain, notamment dans les secteurs des routes, des ports et des transports. Les discussions ont également abordé la création d’usines en Égypte destinées à produire différents moyens de transport et des wagons ferroviaires, dans le cadre de la stratégie de localisation de l’industrie.
Les participants ont examiné les défis liés aux réseaux routiers et ferroviaires, au métro et au transport maritime. Ils ont également dressé un état des lieux du secteur des transports avant 2014 et présenté les réalisations accomplies dans les domaines des routes, des ponts, du métro, de la traction électrique, des chemins de fer, du transport maritime et des ports.
La session a aussi permis de passer en revue les objectifs fixés, les mesures de gouvernance, les efforts visant à réduire les accidents et à promouvoir les transports collectifs écologiques. Il a été souligné que l’État œuvre à la modernisation des infrastructures dans l’ensemble des gouvernorats. Les participants ont par ailleurs évoqué les retombées économiques, sociales et environnementales des projets de transport achevés et de ceux en cours de réalisation.
Des villes nouvelles et une amélioration du cadre de vie
L’ambassadeur Mohamed El-Chennawy, porte-parole officiel de la présidence, a ajouté que la session avait également abordé les défis liés au développement des zones rurales, à l’approvisionnement en eau potable et à l’assainissement, ainsi que les efforts visant à aménager de nouveaux quartiers résidentiels et de nouvelles villes.

Les objectifs relatifs à l’amélioration du cadre urbain et de la qualité de vie dans l’ensemble du pays ont été présentés, de même que les projets de modernisation des grandes villes et des chefs-lieux de gouvernorat dans 13 gouvernorats, ainsi que les réalisations accomplies dans l’élimination des zones d’habitat informel.
Dans ce contexte, il a été indiqué que 61 villes nouvelles avaient été créées. La session a également porté sur le projet de réaménagement du Caire khédivial et sur les efforts engagés pour développer le secteur de l’eau potable, qui ont donné lieu à la réalisation de 522 projets.
Les participants ont par ailleurs examiné les initiatives de développement du secteur de l’assainissement, ainsi que l’état d’avancement des projets de logement achevés et en cours. Ces programmes ont permis, à ce jour, la construction de 1,96 million de nouveaux logements.
Au cours de son intervention, le président Abdel Fattah Al-Sissi a estimé que vouloir traiter toute question, tout défi ou tout problème selon une approche idéale revenait à se faire du tort à soi-même. Il a souligné que nombre de ceux qui critiquent une situation proposent des solutions idéales sans toujours tenir compte des réalités du terrain.
À titre d’exemple, il a rappelé que la population égyptienne vit sur seulement 7 % environ du territoire national, soit une superficie estimée entre 60 000 et 70 000 kilomètres carrés. Cette concentration, a-t-il expliqué, a entraîné des conséquences sociales, sécuritaires, culturelles et économiques, notamment en matière d’investissement.
Le président a qualifié cette situation de contraire aux conditions d’une vie digne et aux perspectives de croissance, bien que la population s’y soit habituée. Il a également déploré l’absence, au fil des années, d’une planification urbaine intégrée à la hauteur de la croissance du pays. Cette situation a notamment favorisé l’extension des quartiers informels autour du Caire, la dégradation des services de transport et la multiplication de pratiques inappropriées.
Al-Sissi a également souligné qu’il était difficile de relever simultanément tous les défis en appliquant des solutions idéales. Il a ainsi cité les tarifs actuellement pratiqués sur les routes, qui, selon lui, ne couvrent ni le coût des investissements réalisés ni même les dépenses d’entretien des infrastructures routières.
Il a par ailleurs rappelé que l’État égyptien s’était concentré sur la résolution de la crise de l’électricité et était parvenu à la surmonter, afin de soutenir le développement et de consolider les institutions de l’État.
Le dossier des cimetières
Abordant la question de la suppression de certains cimetières, le président a expliqué que ces interventions étaient motivées par des problèmes d’eaux souterraines touchant une proportion importante des sépultures.
Selon lui, la solution idéale aurait consisté à ne pas toucher à ces cimetières. Toutefois, une approche réaliste impose de traiter cette question pour des raisons religieuses et humaines, dans le respect dû aux citoyens.
Le président a indiqué que l’État avait construit, et continuait de construire, quelque 70 000 nouvelles tombes réparties en trois phases, dans les environs de Helwan et de la ville du 10-Ramadan.
Il a enfin souligné que ces mesures avaient été prises dans l’intérêt général, l’État assumant notamment les coûts liés à leur mise en œuvre.
Abordant les questions liées au logement, le président Abdel Fattah Al-Sissi a chargé le gouvernement et le Fonds Tahya Misr de coopérer en vue de construire 200 000 logements destinés à la location, les coûts du projet devant être répartis à parts égales entre les deux parties.
Concernant la loi sur les anciens baux locatifs, le président a souligné que son objectif était de dépasser les obstacles à l’accession à la propriété et de réintroduire le principe de la location comme mode d’accès au logement. Il a expliqué que la situation qui a prévalu au cours des dernières décennies avait contribué à provoquer la plus grave crise de l’habitat informel et de l’urbanisation non planifiée en Égypte. L’État, a-t-il précisé, n’a pas été en mesure de se substituer au secteur privé et à la société civile pour construire suffisamment de logements répondant aux besoins des citoyens.
Le président a ajouté qu’il n’était pas possible de réaliser toutes les ambitions dans un contexte de ressources limitées, d’autant que l’Égypte est un grand pays confronté à des défis considérables et que le retard accumulé dans de nombreux secteurs et institutions de l’État est important.
Il a rappelé que le développement des pays s’inscrivait généralement dans une période de 50 à 100 ans et qu’il était donc irréaliste d’imaginer pouvoir accomplir une transformation de cette ampleur en seulement dix ou douze ans. Il a précisé qu’il n’avait jamais promis au peuple égyptien de réaliser l’ensemble de ces objectifs dans un délai aussi court.
Selon lui, parvenir au niveau de développement et de progrès souhaité en 20 à 30 ans constituerait déjà un résultat exceptionnel, avec la grâce de Dieu. Il a toutefois réaffirmé la détermination de l’État à achever, d’ici 2030, les projets et les programmes de développement et de modernisation actuellement en cours.
Le président a exprimé le souhait que Dieu lui accorde la réussite nécessaire pour placer l’Égypte au seuil d’un véritable progrès, d’investissements réels et d’un développement durable, afin d’ouvrir au peuple égyptien de meilleures perspectives d’avenir. Il a également exprimé ses vœux de réussite à ceux qui poursuivront cette mission après lui, souhaitant qu’ils puissent accomplir davantage et faire progresser le pays.
Al-Sissi a enfin souligné que les réalisations accomplies en Égypte n’auraient pas pu être réalisées en moins de trente ans.




