Le Président Abdel-Fattah Al-Sissi a affirmé que les réserves égyptiennes de produits stratégiques couvraient six mois de consommation, tout en soulignant la nécessité de poursuivre la mise en valeur des terres, de mieux encadrer l’utilisation de l’eau et de renforcer la production agricole et animale.
Le Président Abdel-Fattah Al-Sissi a participé à une session intitulée « Sécurité alimentaire et hydrique… défis d’aujourd’hui et garanties pour l’avenir », organisée dans le cadre de la troisième journée du Forum Égypte 2026, en présence du Premier ministre, Moustafa Madbouli.
La rencontre a réuni les ministres de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur, Chérif Farouk, des Ressources hydriques et de l’Irrigation, Hani Sweilam, et de l’Agriculture et de la Bonification des terres, Alaa Farouk, ainsi que Bahaa Al-Ghannam, président de l’Agence « Avenir de l’Égypte » pour le développement durable. Y participaient également les députés Ihab Mansour, vice-président de la commission de la Main-d’œuvre de la Chambre des représentants, et Abdel-Moneim Imam, président du Parti de la justice, ainsi qu’Ahmed Ramadan, enseignant à la faculté d’agriculture de l’université du Fayoum, et Eid Mersal, président du Syndicat général des travailleurs de l’agriculture, de l’irrigation, de la pêche et de la bonification des terres.
Selon le porte-parole de la présidence de la République, l’ambassadeur Mohamed Al-Chennaoui, les échanges ont porté sur les efforts engagés par l’État depuis 2014 pour garantir la disponibilité des denrées et renforcer la sécurité alimentaire. L’extension et la modernisation des superficies agricoles, la mise en valeur de nouvelles terres, le ciblage des aides publiques et le renforcement du dispositif de subvention des produits alimentaires ont notamment été examinés, de même que la consolidation des réserves stratégiques et l’augmentation du nombre de silos et de leurs capacités de stockage.
Au cours de son intervention, le Président a défendu le système d’aides monétaires que l’État souhaite mettre en place, le jugeant plus équitable, plus transparent et mieux encadré. Il a précisé que les données des citoyens avaient été recueillies en vue de leur intégration à ce dispositif, afin d’en garantir la transparence et la bonne gouvernance.
Abordant l’élevage, Abdel-Fattah Al-Sissi a appelé à accroître la production animale par le remplacement des races traditionnelles par des races plus productives. Il a souligné la nécessité de mobiliser les gouverneurs, les responsables locaux, les chefs de village et les citoyens autour de cet objectif.
Le chef de l’État a par ailleurs indiqué que les réserves de produits stratégiques étaient suffisantes pour six mois, une précaution essentielle au regard des perturbations des chaînes d’approvisionnement et du contexte géopolitique régional.
Concernant les ressources hydriques, il a évoqué les pratiques de consommation de l’eau dans l’oasis de Siwa, notamment le forage de puits, et insisté sur la nécessité d’une intervention de l’État pour mieux réglementer et encadrer ces usages.
La remise en état des lacs égyptiens a également occupé une place importante dans son intervention. Le Président a rappelé que des décennies d’empiètements illégaux, de négligence et d’infractions avaient entraîné une baisse de leur production halieutique. Il a cité les actions entreprises pour mettre fin à ces atteintes et restaurer les lacs Bardawil, Manzala et Nasser.
Selon Abdel-Fattah Al-Sissi, les lourdeurs des services de l’État et leur incapacité à maîtriser la situation avaient rendu nécessaire le recours à une autre structure pour répondre à ces difficultés chroniques. C’est dans ce contexte que la supervision des lacs a été confiée à l’Agence « Avenir de l’Égypte » pour le développement durable.
Le Président a exprimé l’espoir de ramener leur production de poissons à son niveau normal, dans un contexte de forte croissance démographique. Il a également rappelé les dommages causés par les rejets d’eaux usées domestiques et agricoles dans certains lacs, affirmant que les travaux engagés bénéficieraient aux citoyens, notamment dans les gouvernorats de Port-Saïd, de Damiette et de Daqahliya.
Sur le plan agricole, le chef de l’État a estimé que les expériences de mise en valeur des terres menées au cours des décennies précédentes n’avaient pas donné les résultats escomptés, qualifiant d’inédites les réalisations accomplies depuis 2014. Il s’est dit favorable à l’acquisition, par le secteur privé, de terres nouvellement aménagées, à condition qu’il s’agisse de grandes superficies, afin d’éviter un morcellement qu’il a jugé préjudiciable à l’agriculture égyptienne.
Abdel-Fattah Al-Sissi a enfin affirmé que l’Égypte était prête à mettre en valeur dix millions de feddans, sous réserve de disposer des ressources en eau nécessaires. Soulignant sa volonté d’obtenir des résultats concrets, il a rappelé avoir insisté sur la réalisation du projet du Nouveau Delta, dont les travaux comprennent notamment la construction de stations de pompage géantes. Il a, à cet égard, mis en avant le rôle de l’Agence « Avenir de l’Égypte » pour le développement durable dans la conduite de ce chantier national.





