Le Premier ministre, Dr Moustafa Madbouli, a affirmé que la réforme des subventions ne visait à réduire ni leur montant ni le nombre de ménages éligibles, mais à mieux cibler leurs bénéficiaires. Il a également annoncé la préparation d’un vaste programme présidentiel associant logements locatifs, logements sociaux et habitations destinées aux revenus intermédiaires.
S’exprimant lors de la session « Régulation des marchés et protection sociale plus efficace », organisée au troisième jour du Forum Égypte 2026, le Premier ministre, Dr Moustafa Madbouli, a réaffirmé la priorité accordée par le gouvernement à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Le forum se tient conformément aux orientations du Président Abdel-Fattah Al-Sissi. Cette session a permis aux ministres et aux responsables concernés de présenter les réalisations et les perspectives de l’action publique en matière de protection sociale.
Le Premier ministre a souligné que les réformes économiques engagées pour résoudre des difficultés accumulées depuis plusieurs décennies affectaient certaines catégories de la population. L’État s’attache donc, a-t-il expliqué, à renforcer les dispositifs sociaux afin d’en atténuer autant que possible les conséquences.
Évoquant le programme « Takaful et Karama », Dr Moustafa Madbouli a indiqué que quelque 8,2 millions de familles en avaient bénéficié depuis son lancement, contre environ 4,7 millions actuellement.
Il a expliqué que la logique du programme reposait sur une période d’accompagnement de trois ans, au cours de laquelle la situation des ménages est évaluée afin de déterminer dans quelle mesure l’accès à un emploi et à des revenus peut leur permettre de sortir de la précarité. Il a toutefois assuré que le dispositif serait maintenu et adapté à la conjoncture économique, certaines familles continuant d’avoir besoin de ce soutien.
Concernant le projet de subventions monétaires affectées à l’achat de produits de base, le Premier ministre a insisté sur le fait que l’objectif n’était de diminuer ni la valeur des aides ni le nombre de familles qui y ont droit. La réforme doit avant tout garantir que les ressources publiques parviennent effectivement à leurs bénéficiaires légitimes.
Selon lui, le dispositif actuel bénéficie à près de 60 % des ménages égyptiens. Il porte essentiellement sur le pain et environ quatre produits de première nécessité, alors que les besoins varient d’une famille à l’autre.
Le nouveau système consisterait à attribuer à chaque ménage un montant lui permettant de choisir les produits essentiels correspondant à ses besoins. Certaines familles pourraient ainsi privilégier le pain, tandis que d’autres consacreraient davantage de leur aide à d’autres denrées.
Dr Moustafa Madbouli a précisé que la conception du programme tenait compte de l’inflation et des autres évolutions économiques. Il a assuré que les crédits consacrés aux subventions continueraient d’augmenter en fonction des circonstances, rappelant que le financement des aides en nature avait déjà été relevé chaque année.
À titre d’exemple, il a indiqué que l’enveloppe consacrée aux subventions alimentaires et au pain était passée d’environ 32,8 milliards de livres égyptiennes en 2013-2014 à 127 milliards en 2023, puis à 134 milliards et à 160 milliards, pour atteindre près de 178 milliards cette année.
Le Premier ministre a également présenté les services publics comme une composante essentielle de la protection sociale. Il a évoqué des hausses de crédits de l’ordre de 30 % et de 20 % pour la santé et l’éducation, en référence aux exercices précédents, tout en soulignant que les besoins demeuraient considérables.
Il a exprimé le souhait de disposer de marges budgétaires permettant d’accroître bien davantage les dépenses et d’améliorer la qualité des prestations. L’extension rapide de l’assurance maladie universelle à l’ensemble du territoire nécessite, a-t-il rappelé, plusieurs centaines de milliards de livres.
Le gouvernement travaille donc à mobiliser de nouvelles ressources pour financer les programmes sociaux. Dr Moustafa Madbouli a affirmé que l’amélioration des conditions de vie des Égyptiens constituerait sa préoccupation centrale au cours des trois prochaines années, malgré des défis qu’il a qualifiés d’inédits et une hausse du coût de la vie observée à l’échelle mondiale.
Répondant à une question sur le logement, le Premier ministre a indiqué que l’État avait réalisé ou engagé la réalisation de près de deux millions d’unités au cours des dernières années. La majorité relève du logement social, aux côtés de programmes destinés aux revenus intermédiaires, tels que « Sakan Misr », « Dar Misr » et « Janna ».
Ces dispositifs permettent, selon lui, d’accéder à la propriété grâce à des modalités de paiement pouvant s’étendre sur une vingtaine d’années, à des prix sans équivalent sur le marché immobilier égyptien. Il a néanmoins reconnu que certaines catégories de citoyens ne pouvaient supporter le coût des logements proposés par le secteur privé, d’où la nécessité de diversifier l’offre.
Conformément aux orientations du Président Abdel-Fattah Al-Sissi, le gouvernement entend ainsi relancer le logement locatif, parallèlement aux programmes d’accession à la propriété.
Dr Moustafa Madbouli a rappelé que la location occupait une place importante en Égypte jusque dans les années 1960 et 1970, avant de reculer sous l’effet de lois et de politiques qui, selon lui, n’avaient pas suffisamment pris en compte l’équilibre du marché à moyen et long terme.
Il a ajouté que le Président avait précédemment identifié ce recul comme l’un des facteurs ayant favorisé l’expansion de l’habitat informel. La diversification des solutions de logement doit donc aussi contribuer à prévenir l’apparition de nouveaux quartiers de ce type.
Soulignant la place de la location dans de nombreux pays, y compris développés, le Premier ministre a estimé qu’elle pouvait représenter de 50 à 60 % du parc de logements. Il a présenté ces proportions comme un argument en faveur du rétablissement d’une offre locative en Égypte.
Dr Moustafa Madbouli a rappelé l’annonce présidentielle faite la veille concernant la mise à disposition prochaine de milliers de logements locatifs, ainsi que les instructions visant à poursuivre l’initiative « Un logement pour tous les Égyptiens » et les programmes de logement social.
Il a annoncé qu’un vaste programme serait prochainement lancé et présenté par le Président Abdel-Fattah Al-Sissi. Celui-ci associera logements locatifs, logements sociaux et projets adaptés aux revenus intermédiaires, avec une réalisation et une livraison des unités échelonnées sur les quatre prochaines années.
Interrogé sur l’avenir de la protection sociale, le Premier ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les différents dispositifs : pensions, assistance sociale, subventions aux produits de base, assurance maladie, aides à l’éducation et au logement.
Il a assuré que ces programmes seraient maintenus au cours des quatre prochaines années et bénéficieraient d’importantes dotations dans le budget de l’État. Les financements continueront, a-t-il précisé, d’évoluer en fonction des besoins et des circonstances afin de protéger les ménages à revenus modestes et intermédiaires.





