Le Président de la République, Abdel Fattah Al-Sissi, a reçu ce matin au palais d’Al-Ittihadiya les ministres et chefs de délégations participant à la neuvième édition de la Semaine de l’eau du Caire 2026, en présence du Dr Hani Sewilam, ministre des Ressources en eau et de l’Irrigation, et du Dr Badr Abdel-Aati ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Égyptiens de l’extérieur.
Le Président a prononcé un discours lors de la réunion, dont voici le texte :
« Mesdames et Messieurs les ministres, Messieurs les chefs de délégations participant à la neuvième édition de la Semaine de l’eau du Caire, je vous souhaite la bienvenue au Caire et vous exprime ma gratitude pour votre participation à cette édition de la Semaine de l’eau du Caire, qui est devenue une plateforme internationale majeure de dialogue, d’échange d’expériences et de création de partenariats.
Je voudrais souligner que les questions de l’eau bénéficient d’une priorité élevée dans la politique étrangère égyptienne, en tant que pilier de la coopération, du développement et de la prospérité partagée, et non comme une cause de conflits ou de différends.
J’affirme que l’Égypte n’est pas la seule à faire face aux défis de l’eau ; la plupart des pays du monde souffrent de la rareté des ressources hydriques, des risques de sécheresse et d’inondations, ainsi que de la demande croissante en eau, en nourriture et en énergie.
Dès lors, la sécurité hydrique est devenue une responsabilité partagée exigeant une coopération internationale effective, un financement adéquat, un transfert de technologies et un renforcement des capacités.
Je rappelle ici que l’Égypte croit en l’importance de renforcer la coopération hydraulique sur la base du respect des règles du droit international, et tient à échanger des expertises et à établir des partenariats et des projets qui servent les intérêts des peuples.
Je souligne que l’Égypte dépend du fleuve Nil pour plus de 98 % de ses ressources en eau renouvelables, des ressources qui proviennent entièrement de l’extérieur de ses frontières. De plus, elle compte parmi les pays les plus arides au monde, la moyenne des précipitations annuelles ne dépassant pas 18 millimètres, tandis que la part individuelle d’eau a chuté à environ 473 mètres cubes par an. C’est pourquoi l’Égypte réutilise environ 23 milliards de mètres cubes d’eau par an, chaque goutte d’eau y étant devenue d’une immense valeur.
Nos efforts ne se sont pas limités à la gestion de la pénurie d’eau : nous avons lancé la deuxième génération du système de gestion de l’eau en Égypte, fondé sur la gestion intelligente de l’eau, la transformation numérique, la modernisation des infrastructures et le renforcement de la capacité d’adaptation au changement climatique. Nous sommes heureux de partager ces expertises avec nos partenaires.
Dans ce cadre, je tiens à réaffirmer le respect et le soutien de l’Égypte au droit au développement de tous les pays du bassin du Nil, ce qui s’est concrétisé par notre coopération dans les projets de développement proposés au sein des programmes d’investissement des pays du bassin du Nil méridional.
L’expérience a également prouvé que la notification préalable, l’échange d’études et la concertation constituent des instruments essentiels pour instaurer la confiance et soutenir le financement des projets, et non un moyen d’entraver le développement ou d’imposer une tutelle sur un quelconque État. Nous aspirons à cet égard à consolider cette même approche dans le bassin du Nil oriental, de manière à réaliser les intérêts de l’Égypte, du Soudan et de l’Éthiopie. Le bassin du Nil n’est pas pauvre en ressources : il y tombe environ 2 050 milliards de mètres cubes de pluie par an, dont seuls 84 milliards de mètres cubes en moyenne parviennent jusqu’à Assouan, soit seulement 4 à 5 %.
J’appelle à maximiser l’exploitation des ressources disponibles dans les pays du bassin — pluies, terres et sources d’énergie renouvelables — et à les transformer en opportunités de développement et de prospérité commune. J’insiste également sur l’importance de disposer d’un cadre inclusif regroupant tous les pays du bassin.
À ce jour, quatre pays du bassin demeurent en dehors de l’accord-cadre, et le moyen de rassembler l’ensemble des États réside dans la prise en compte de leurs préoccupations, par le biais d’un amendement convenu ou d’un protocole annexe dans le cadre du processus consultatif du Conseil des ministres de l’eau.
L’Égypte a assuré la présidence du Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) sur la période 2023-2025, a contribué à l’élaboration de la Vision africaine de l’eau 2063 et a créé le Centre africain pour l’eau et l’adaptation climatique afin de former les cadres africains. L’Égypte préside également le Conseil d’administration de la Facilité africaine de l’eau pour la période 2025-2027, dont la nouvelle stratégie 2026-2030 a été adoptée au Caire, et œuvre avec ses partenaires à la mobilisation de financements pour les projets d’eau en Afrique.
Au niveau arabe, l’Égypte prend la présidence du Conseil ministériel arabe de l’eau pour sa 17e session, qu’elle accueille au Caire cette semaine, en parallèle avec la tenue de la 7e Conférence arabe de l’eau, renforçant ainsi la coopération hydraulique arabe.
Sur le plan international, l’Égypte a eu l’honneur d’assurer la co-présidence avec le Japon du troisième dialogue interactif sur “L’eau pour la planète” pour la deuxième fois consécutive, ce qui traduit la confiance internationale accordée à son rôle dans les enjeux de l’eau.
Nous ambitionnons d’élargir la coopération avec nos partenaires internationaux dans les domaines du financement, du transfert de technologie et du renforcement des capacités, pour soutenir les projets d’eau et atteindre les objectifs de développement.
Je réaffirme que le développement et la sécurité hydrique sont un droit pour tous, et que la main de l’Égypte reste tendue pour une coopération fondée sur le droit international, la concertation, la coordination, le bon voisinage et l’absence de préjudice. Le Nil nous rassemble, et nos intérêts communs dépassent tous les différends. Nous renouvelons notre appel à faire de l’eau un levier de paix et de prospérité partagée, et à passer de la gestion des crises à l’élaboration de solutions, et des engagements à la mise en œuvre. »
Le porte-parole officiel a indiqué que les ministres ont souligné, pour leur part, le rôle vital et central de l’Égypte dans la gestion des questions relatives à l’eau et la promotion de la coopération régionale et internationale. Ils ont salué le statut de la « Semaine de l’eau du Caire», devenue une plateforme internationale majeure pour le dialogue et le partage d’expériences. Ils ont insisté sur l’efficacité des solutions scientifiques pour faire face aux défis de l’eau, l’importance de l’échange d’expériences et de connaissances, ainsi que sur l’impératif d’une action conjointe pour relever les défis connexes.
De son côté, le Dr Hani Sewilam, ministre des Ressources en eau et de l’Irrigation, a rappelé que le monde est confronté à des défis hydriques sans précédent sous l’effet du changement climatique, soulignant que la réponse à ces enjeux exige l’édification de systèmes d’eau plus résilients et le passage d’une gestion de crise à une gestion proactive. Le Dr Sewilam a présenté la spécificité de la situation hydrique en Égypte, l’un des pays connaissant la plus forte rareté d’eau au monde et dépendant quasi totalement du Nil, réitérant que la gestion des fleuves internationaux doit reposer sur la coopération, la transparence et le respect du droit international, dans l’intérêt de l’ensemble des États riverains.
Le porte-parole officiel a rapporté qu’à l’issue de la rencontre, le Président a réaffirmé que l’Égypte souffre de la rareté de l’eau et qu’il est essentiel que chacun comprenne la position et le point de vue égyptiens sur les enjeux hydriques, d’autant plus que l’Égypte ne dispose pratiquement d’aucune autre ressource en eau que le fleuve Nil.
Le Président a ajouté que l’État égyptien a déployé d’immenses efforts et réalisé des projets gigantesques pour optimiser l’utilisation de l’eau et son recyclage, sachant que la population de l’Égypte a atteint 110 millions d’habitants, auxquels s’ajoutent 10 millions d’étrangers y résidant. Il a précisé que la seule exigence de l’Égypte est le respect de sa quote-part des eaux du Nil, soulignant que « l’eau est un droit exclusif pour tous et ne saurait être exploitée à des fins politiques ».
Dans ce contexte, le Président a indiqué que le volume d’eau et de précipitations dans le bassin du Nil est suffisant pour tous et que, si la coopération nécessaire est engagée par la réalisation des projets pertinents, cela sera bénéfique pour l’ensemble des parties. Il a expliqué qu’il existe des modèles exemplaires de coopération entre des États partageant des fleuves transfrontaliers, et que cela s’effectue dans le respect du droit international.
Enfin, le Président a affirmé qu’il figure parmi ceux qui croient en la paix, la stabilité et le développement, ainsi qu’en la possibilité de tirer parti des capacités existantes, tout en soulignant l’importance capitale de la stabilité pour parvenir au développement.





