Foire d’empoigne au Parlement, de nouvelles manifestations attendues, des médias au coeur de passes d’armes inédites : le climat s’est encore tendu à six mois de la présidentielle et Emmanuel Macron a dénoncé une “désinhibition” du débat politique, selon l’AFP.
Interviewé dans la soirée sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, un format privilégié par l’Elysée pour s’adresser à la jeunesse, le chef de l’Etat a appelé les lycéens à “reprendre les cours” dans “le calme” lors de la rentrée de lundi, après plus d’un mois de mobilisation qui s’est élargie à d’autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de “compassion” pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l’ordre.
Durant le Conseil des ministres, dans la matinée, le président de la République avait plaidé pour “l’unité” et “la dignité” après l’attentat “terroriste raciste” perpétré vendredi à Trappes, dans les Yvelines, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine africaine.
Il a aussi décidé de la tenue prochaine d’un rare “hommage national” pour les victimes, présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Depuis cet attentat qui a aussi fait plusieurs blessés graves, le débat politico-médiatique, déjà conflictuel, s’est envenimé d’un cran supplémentaire, la gauche mais aussi des figures plus centristes reprochant à l’extrême droite et à certains médias d’avoir créé un terreau favorable au passage à l’acte.
Des députés écologistes, Benjamin Lucas et Léa Balage, ont ainsi demandé “le retrait des accréditations de CNews à l’Assemblée” pour, affirment-ils, protéger “la démocratie de ceux qui veulent la détruire en saturant l’espace médiatique de haine raciste”. Tandis que le Rassemblement national a annoncé mardi des poursuites en diffamation contre le journal Le Monde, qu’il accuse d’avoir propagé une information “mensongère” pour le “salir” en affirmant que des tracts du parti avaient été retrouvés dans la voiture du suspect.





