L’ artiste Ahmed Abdel Gawad n’est plus. A trois semaines de son hospitalisation et son décès, il a livré cet entretien émouvant au Progrès Egyptien. Notre journal le publie à titre posthume. Il s’agit probablement de la dernière interview qu’il a accordée à la presse avant son décès. Le Progrès Egyptien souhaite que l’artiste repose en paix et présente ses condoléances à sa famille.
Né au Sud de l’Égypte, Ahmed Abdel Gawad (Ahmed Abdelgwad) était un grand amateur de la terre, des détails, voire de tout ce qui est authentique. Ahmed Abdel Gawad s’est éteint à l’âge de 61 ans le mardi 19 octobre 2021, suite à une chirurgie cardiaque. Il est réputé pour son activité hors pair dans le domaine de l’art plastique. Ainsi, a-t-il déjà tenu un grand nombre d’expositions individuelles et d’autres collectives que ce soit à l’intérieur ou l’extérieur de l’Egypte.

L’artiste a fondé le Forum « Salsabil El-Nil » à Assouan. Sa cinquième édition vient de prendre fin il y a quelques semaines. Il a déployé des efforts titanesques afin de faire réussir ce Forum et il a pu réaliser ce vœu cher à son cœur. Il appartient à l’école impressionniste même s’il mélange le plus souvent les styles artistiques. Assouan, le Nil, la crue du fleuve mythique, sont les personnages principaux de ses œuvres. Sa créativité et son imagination ont joué un rôle incontournable dans ses œuvres, donnant vie aux personnages et aux maisons.
En effet, l’architecture des maisons et des bâtiments d’Assouan y est omniprésente et vivante au point que le public a l’impression de toucher leurs parois, et savourer leur particularité. Abdel Gawad s’inspire principalement de la campagne égyptienne, de son sol, de sa terre et de tout élément lié aux villages égyptiens. Ces tableaux sont une forme d’authenticité et d’attachement à l’identité égyptienne. Qu’en est-il de ses paysages préférés ? L’artiste opte toujours pour les paysages naturels sans laisser de couleur dominante dans le tableau. Ses tableaux sont vivants et créent indirectement une sorte de symphonie musicale que le public peut ressentir de manière évidente.

Quant à son style, Abdel Gawad ne s’inspire ni d’une école classique, ni d’autres, il mélange plutôt les différents styles. Ses œuvres reflètent des émotions, des énergies internes et le public se sent alors transposé dans un rêve infini. L’artiste se libère des couleurs -comme il le disait de son vivant- pour accorder davantage d’intérêt aux mouvements des personnages qui peuplent ses toiles : leur vaet-vient, leur déplacement, leur départ, leur retour, autant d’éléments qui intéressent les amateurs d’art. Une impression unique domine à la vue de ses tableaux : A b d e l Gawad a transposé la magie du Nil, sa lenteur, sa couleur, sa beauté dans les moindres recoins de ses œuvres, même si cela n’est pas toujours fait de manière directe.

Tel un magicien, il contrôle les moindres éléments de ses tableaux sans véritablement chercher à le faire. Bizarrement, ses œuvres inspirent quiétude et calme. Que son âme repose en paix et que ses œuvres continuent à nous réconforter !





