Le conflit ouvert entre l’Union européenne et Varsovie, qui rejette la suprématie du droit euro-péen, s’est imposé à l’agenda du sommet des dirigeants des Vingt-Sept, réunis jeudi et ce vendredi à Bruxelles, selon l’AFP. Les leaders doivent discuter de la flambée des prix de l’énergie, de la nécessité d’accroître encore la vacci-nation contre le Covid-19, de la préparation de la COP26 et des tensions avec le Bélarus autour des migrants notamment. A ce programme déjà chargé s’est ajoutée la crise déclenchée par le Tribunal constitutionnel polonais –considéré comme proche du parti nationaliste conservateur au pouvoir–, qui a décrété le 7 octobre certains articles des traités européens incompatibles avec la Constitution nationale.Une décision dénoncée à Bruxelles comme une attaque sans précédent contre la primauté du droit européen et la compétence de la Cour de justice de l’UE, des principes fondateurs. Elle a provoqué des échanges tendus mardi au Parlement européen entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui a promis d’agir contre Varsovie, et le Premier ministre Mateusz Morawiecki qui a dénoncé un “chantage” de l’UE, martelant la suprématie des Constitutions nationales. La situation a conduit certains Etats, dont les Pays-Bas, à demander à ce que le sujet soit abordé lors de la réunion, même s’il ne donnera pas lieu à des conclusions contrairement aux autres points officiellement à l’ordre du jour. “Un grand nombre de chefs d’Etat et de gouvernement vont exprimer leur inquiétude”, a indiqué un diplomate européen, soulignant les risques d’un “effet de contagion”.





