Face à l’ascension sondagière du polémiste, la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2022, qui voulait élargir son socle électoral à la bourgeoisie libérale-conservatrice, est désormais obligée de défendre sa chasse gardée, analyse Le Monde dans son edition du 22 octobre 2021.
Marine Le Pen est fragilisée. Pas seulement parce qu’elle a dégringolé dans l’opinion au point d’être au coude-à-coude avec Eric Zemmour, mais parce que ce dernier distille un poison mortel en martelant, encore et encore, qu’« elle ne peut pas gagner ».
Nul hasard si la campagne d’affichage « Zemmour président » a suivi de vingt-quatre heures la claque reçue par le Rassemblement national (RN) aux élections régionales. Le scénario évoque un remplacement : l’offre nationale-populiste basculerait de Le Pen à Zemmour. Ce n’est pourtant pas évident.
L’ascension éclair d’Eric Zemmour a reposé sur l’aspiration d’un électorat de droite orphelin, dont une partie avait trouvé refuge chez Marine Le Pen. A l’aide d’une apparente « normalisation », sur fond de crise de leadership au parti Les Républicains (LR), la présidente du RN avait séduit près d’un quart des électeurs de François Fillon de 2017.





