Avec l’envol des prix du gaz et de l’électricité, les énergies propres ont une carte à jouer au côté du nucléaire pour décarboner notre économie, rapporte Le Figaro dans son édition du 26 octobre 2021.
Le monde de l’électricité n’a jamais vécu cela. Le prix des électrons sur les marchés européens bat record sur record depuis la rentrée. Tant et si bien qu’ils atteignent des prix quatre fois supérieurs à la normale.
Les producteurs d’énergies décarbonées, comme le nucléaire, les éoliennes ou le solaire, sont les grands gagnants de cette crise. Ils ne sont pas concernés par les deux facteurs d’augmentation des prix de l’électricité: la flambée des cours du gaz et la hausse du prix des droits européens à polluer. Le vent et les rayons du soleil étant toujours gratuits, produire de l’électricité ne leur coûte pas plus cher en ce moment qu’il y a un an pendant la crise du Covid, lorsque les prix de l’énergie s’étaient au contraire effondrés.
«À la différence du prix du gaz, ceux des énergies renouvelables ont baissé ces dernières années et restent stables en ce moment, a martelé la présidente de la Commission européenne, Ursula von de Leyen, début octobre. Il est donc important d’investir dans les énergies qui nous offrent des prix stables et une plus grande importance énergétique.» Lors de la présentation de son «Green Deal», cet été, Bruxelles, qui organise la semaine européenne de l’énergie durable du 25 au 29 octobre, avait déjà rehaussé de 34 à 40 % la part de renouvelables visée en 2030.
Autre énergie verte profitant de la flambée des prix, le biogaz, produit à partir de déchets agricoles ou de gaz de décharges. Ce biogaz bénéficie de tarifs subventionnés qui se retrouvent aujourd’hui inférieurs pour certains au prix de marché du gaz naturel importé de Russie ou d’ailleurs. Une gageure, alors qu’il coûte d’habitude au minimum trois fois plus cher! Quant à la biomasse, elle aussi devient compétitive aux prix de marché actuels.
Éolien, solaire, biomasse… la hausse générale des prix devrait favoriser leur essor. Il y a du chemin à faire. La France n’est pas moins ambitieuse que l’Europe, qui entend doubler leur part, avec le même objectif de 40 % de production en 2030, contre 25 % aujourd’hui (hydraulique compris). Quant au biogaz, sa production doit être multipliée par dix (de 1 % à 10 % de la consommation). Développer toutes ces énergies ne passera pas inaperçu dans les territoires. L’éolien suscite une forte opposition.





