L’Europe se retrouve totalement nue face à Poutine, le nouveau “tsar du gaz”. L’Allemagne, moteur de l’UE, est déchirée entre la protection des intérêts européens et le démarrage rapide de Nord Stream 2, qui fera d’elle la plaque tournante du gaz en Europe, rapporte L’Echo, le 16 novembre 2021.
“Je pense que l’Europe devrait être considérée comme un pays émergent”, a dit un jour feu Christophe de Margerie, l’ancien PDG de Total. Provocatrice, cette parole invitait l’Europe à un nouveau départ sur le front de l’énergie, le talon d’Achille du Vieux Continent. Aujourd’hui, plus que jamais, cette fragilité est illustrée par l’incapacité de l’Union européenne à réagir aux manœuvres de déstabilisation menées à ses frontières orientales par la Russie, sur fond de crise énergétique et de démarrage de Nord Stream 2.
L’Ukraine ne veut pas de Nord Stream 2, qui contourne son territoire par lequel passent des pipelines de gaz russe lui assurant de plantureux revenus. Pour couronner le tout, Loukachenko menace de couper le pipeline Yamal, qui achemine le gaz russe extrait dans l’Arctique.
Dans cette pièce funeste qui se joue aux frontières d’une Europe de plus en plus fragilisées, une solution, une seule, paraît envisageable et durable. Un nouveau départ énergétique. Plus que jamais, il est vital pour l’Europe de se doter de moyens propres et autonomes de production d’énergie. Elle détient le savoir et les technologies nouvelles pour y parvenir, seule lui manque la volonté. Il est vital, également, qu’elle diversifie encore plus ses achats de gaz, pour ne plus dépendre, comme c’est le cas, du gaz russe.





