Que veux-tu être quand tu seras grand ? Une question que les adultes posent souvent aux petits. A une période pas très loin, les réponses étaient connues d’avance : médecin, professeur, policier, etc…. Cependant, de nos jours, cela n’est plus le cas. De nouveaux métiers se sont introduits sur le marché du travail au cours des dernières années, faisant carrément changer les rêves des bouts de choux.
On reçoit désormais des réponses comme youtubeur, vidéaste, designer et autres métiers émergents. Dans des déclarations faites lors du Forum du Moyen-Orient pour les leaders d’opinion dans le domaine de l’enseignement, Dr Khaled Abdel Ghaffar, ministre de l’Enseignement supérieur a indiqué que 35% des métiers actuels disparaîtront dans 10 ans, et que 47% des métiers disparaîtront dans 25 ans. Cette mutation, selon Dr Abdel Ghaffar, est due à l’évolution technologique et l’économie participative, ce qui a donné naissance à de nouveaux métiers liés à l’Internet, à la réalité virtuelle, à la cybersécurité et autres.
Or, cette réalité n’est en aucun cas surprenante. En 2010, l’US Department of Labor estimait que les étudiants changeraient de poste entre 10 et 14 fois d’ici leurs 38 ans.
La vidéo prospective Did you know 3.0 notait que les 10 postes les plus demandés aux Etats-Unis en 2010 n’existaient pas en 2004. Selon l’étude d’Ernst & Young « La révolution des métiers », 60% des métiers qui seront exercés en 2030 n’existent pas encore ». En 2018 le baromètre de l’employabilité de BPI group réalisé par BVA a effectué une étude à cet égard. Sabine Lochmann, présidente du Directoire de BPI group a indiqué que les experts estiment que plus de 50% des métiers vont être profondément transformés d’ici 5 ans, cite le site Internet ResourceLab. La même année, l’Institut de l’Entreprise, en partenariat avec le cabinet Elabe et Le Parisien Week-end, publiait une enquête sur le rôle des entreprises dans la mutation du travail.
Les chefs d’entreprises anticipent que leurs activités seront fortement impactées dans les 10 prochaines années par les changements réglementaires et les normes légales. 91% des chefs d’entreprises pensent qu’ils auront un fort impact sur leurs activités, l’évolution des technologies et du numérique (73 %), la transition écologique (55%) ou encore le vieillissement de la population (47%). Il importe de noter aussi que 44% des Français pensent que l’évolution des technologies et du numérique détruira davantage d’emplois qu’elle n’en créera. Ils se rejoignent sur la transformation profonde de la nature des métiers, selon le Dynamique Mag.
La mutation du travail est devenue une évidence avec la pandémie. Les citoyens ont compris que les circonstances peuvent conduire à des changements profonds dans la manière d’organiser le travail et qu’il est nécessaire de trouver des solutions pour les appréhender.
Ainsi, la l’évolution réflexion des emplois et des compétences nous oblige à sortir du cadre connu des fonctions de l’entreprise d’aujourd’hui. En 2014, Alain Fouché, dans le rapport d’information du Sénat « Quels emplois pour demain “ écrivait : “ Trois types de profils de travailleurs pourraient alors être identifiés : le protecteur, un bouclier contre les risques : il minimise le risque économique, environnemental et humain. (…), l’optimiseur, fer de lance de la performance : il recherche une meilleure rentabilité, une meilleure maîtrise des coûts et développe pour cela des tableaux de bord ou des indicateurs de performance. (…) et le storyteller, l’artisan du futur : “ (Il) donnera, ou plutôt redonnera sens à l’engagement de l’entreprise, en dialoguant avec toutes les parties prenantes».
Et Alain Fouché de poursuivre : «Le futur des formations, et donc des travailleurs de demain, reposerait sur des “soft skills”, (…) faites de «pensée critique, résolution de problèmes, créativité, savoir-faire, esprit collaboratif, entrepreneuriat, autonomie, pour assurer “l’adaptation de l’individu à des postes potentiellement très différents, et donc les moteurs de l’employabilité”, cite le Blog de la formation professionnelle et continue. Sur le plan national, l’Etat a pris en considération cette transformation et y fait face en adoptant plusieurs mesures, notamment dans le domaine de l’enseignement afin d’aller de pair avec l’évolution technologique et la 4ème vague de la révolution industrielle. Parmi ces mesures, la création de nouvelles spécialisations d’études au sein des universités gouvernementales, privées, internationales ou nationales. Selon Dr Abdel Ghaffar, trois nouvelles universités technologiques accueillent déjà les étudiants.
A savoir, l’Université technologique du Nouveau Caire, l’Université technologique du Delta à Koweisna, et l’Université technologique de Béni Soueif. C’est ainsi, a-t-il poursuivi, que six autres universités sont en cours de construction à Port Saïd, au 6 Octobre, à Borg Al-Arab, à la NouvelleLouxor, à Tiba, à la NouvelleAssiout et Samanoud dans le gouvernorat d’Al-Gharbiya. L’objectif est d’opter plutôt pour les domaines de spécialisation qui répondent aux besoins nationaux et globaux de l’enseignement technologique.
Par ailleurs, Dr Abdel Ghaffar a souligné l’importance de fonder des centres pour les compétences du futur au sein des universités égyptiennes comme une nécessité pour combler le fossé entre les compétences à la lumière de la 4ème vague de la révolution industrielle.
Parmi les mesures prises pour suivre cette transformation, figure le développement l’infrastructure de de communication, donnant aux étudiants l’accès aux services numériques et initier la conscience à la transformation numérique. Un des exemples qui reflètent l’intérêt qu’accorde le secteur de l’enseignement supérieur à la transformation numérique, est l’application des tests numériques unifiés sur trois phases avec un nombre d’étudiants touchant les 11.533, dans 102 facultés de 33 universités.
Les métiers subissent une mutation à cause de la nouvelle technologie, des changements sociétaux ou autres. Même si le futur reste encore flou et imprécis, il est indispensable de prendre une action dès maintenant afin de suivre cette transformation.








