Depuis l’automne, le spectre d’une invasion russe en Ukraine alimente les craintes d’une guerre en Europe orien- tale. Face à cette crise qui men – ace chaque jour un peu plus la stabilité mondiale, les candidats en campagne pour la présidence française, invités à prendre position, affichent des posi- tions très divergentes, analyse France 24, le 3 février 2022. Souvent en politique, les extrêmes se rejoignent. La crise ukrainienne, suspendue aux bal- lets diplomatiques entre la Russie et l’Occident, en est un exemple édifiant. Alors que des “dizaines de milliers de soldats russes” sont massés à la frontière russo-ukrainienne, tous les éléments sont réunis pour qu’il y ait une intervention russe en Ukraine, a déclaré, mercredi 2 février, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Face à cette situation explosive, quelle position la France doit- elle adopter vis-à-vis de la Russie ? Les candidats investis dans la course à l’Élysée présentent chacun des positions très tranchées sur le sujet. Constat étonnant, les partis extrémistes de tous bords affichent des positions très proches. Les extrêmes rangés derrière la Russie ? Jean-Luc Mélenchon, patron de La France insoumise (LFI), très critique vis-à-vis de la politique américaine, défend la stratégie militaire de la Russie. “Les Russes mobilisent [des troupes] à leurs frontières ? Qui ne ferait pas la même chose avec un voisin pareil, un pays lié à une puissance qui les menace continuellement ?”, s’est-il indigné dans un article du Monde publié le 18 janvier. “On continue les vieilles méthodes de la guerre froide. Or, la politique antirusse n’est pas dans notre intérêt, elle est dangereuse et absurde. Le maître-mot est la désescalade.” S’il plaide l’apaisement, il ne partage pas la position d’Emmanuel Macron, qui souhaite que la France garan- tisse les frontières physiques de l’Ukraine. Le leader LFI soutient surtout l’idée d’une politique de non-alignement, en référence à la guerre froide, affirmant ne faire partie ni du bloc américain ni du bloc soviétique. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, penche également en faveur d’une relation privilégiée avec Moscou. La lutte commune contre l’islamisme et les intérêts énergétiques français – la consommation de gaz hexagonale provient à 20% de la Russie – suffisent, selon elle, à maintenir de bonnes rela – tions entre Paris et Moscou. Europhobe convaincue, elle maintient d’ailleurs que l’Union europée- nne, en apportant son soutien à l’Ukraine, a participé à exacerber les tensions dans la partie orientale du continent. “Qu’on le veuille ou non, l’Ukraine appartient à la sphère d’influence russe”, a-t-elle martelé dans une interview accordée au média polonais Rzeczpospolita.





