Après avoir exploité toute la gamme de la médication populiste, bobards, affirmations douteuses et engagements non tenus, le premier ministre britannique semble avoir épuisé son insondable capital chance. Avant que les soirées arrosées de Downing Street ne le rattrapent, le conservateur britannique Boris Johnson s’était sorti de bien des mauvais pas. Mensonges, revirements, parole trahie, tout lui était pardonné avec, en guise de passe- partout, sa jovialité naturelle, son sens de l’humour et ce bagout de grand flambeur du verbe. Premier ministre du Royaume-Uni depuis 2019, il a longtemps appartenu au club politique des « Tefal » – cette catégorie de dirigeants sur lesquels tout glisse et rien « n’attache », comme il en va, dit la publicité, de la célèbre poêle à frire. La contorsion lui servait de conviction. Mais la période « Tefal » touche à son terme. Cette fois, l’Houdini de Whitehall semble avoir épuisé l’insondable capital chance qui était le sien depuis la naissance.





