Selon le FBI, la criminalité dans le pays a augmenté de 30 % en 2020, ramenant l’exigence de sécurité au premier rang des préoccupations de la population américaine… et affectant la popularité du président démocrate, analyse Le Monde, le 14 février 2022.
Deux policiers new-yorkais tués dans une embuscade à Harlem ; un jeune caissier exécuté par un cambrioleur dans un Burger King de Manhattan, une quadragénaire asiatique poussée sous le métro à Time Square par un déséquilibré : ces meurtres ne suscitent pas l’émotion mondiale connue lors de la tuerie dans l’école de Parkland en Floride, en 2018 (17 morts), ou lors du meurtre de George Floyd, Afro-Américain étouffé par un policier blanc de Minneapolis en mai 2020.
Mais à New York comme dans tout le pays, les meurtres sont remontés en flèche. Les Etats-Unis connaissent une épidémie de violence qui rappelle celle des années 1990, en pleine guerre des gangs et de la drogue. En 2020, selon le FBI, le pays a connu 21 570 homicides – une hausse de 30 % en un an –, 25 fois plus qu’en France cinq fois moins peuplée. Ce chiffre, qui devrait encore augmenter de plus de 5 % en 2021, a bondi de moitié depuis le plus bas de 2014 et s’approche dangereusement du record de 1991 (24 703 morts).
Les Américains l’ont senti très vite. Dès l’été 2021, selon un sondage Ipsos, la criminalité était devenue leur premier sujet de préoccupation (32 %), devant l’extrémisme, le dérèglement climatique ou la dette, plus particulièrement chez les démocrates (39 %). Et les Américains veulent que le gouvernement agisse sur ce sujet : 24 % aujourd’hui, contre 5 % seulement il y a un an.





