L’Union européenne ne pourra pas se passer des gazoducs de Gazprom à court et moyen terme, car la production des autres régions du monde ne serait pas suffisante pour compenser les importations de Russie. Comment en est-on arrivé là ? La question ne concerne pas seulement la crise ukrainienne et l’imminence d’une guerre aux portes de l’Europe. C’est aussi l’interrogation qui hante les Européens depuis le début de l’hiver face à une explosion sans précédent des prix du gaz, analyse Les Echos, le 22 février 2022. Sur le marché de gros des Pays- Bas, les cours de la précieuse molécule de méthane s’échangent quatre fois plus cher que d’habitude à cette époque de l’année. Et les ten- sions qui s’intensifient dans le Donbass ne vont pas arranger les choses : les prix dépassent désormais les 75 euros le mégawattheure, du jamais-vu. En cas de décision de Moscou de réduire ou cesser ses livraisons de gaz pour peser dans le conflit avec l’Ukraine, l’Union européenne affirme qu’elle est capable de se passer de son premier fournisseur. Derrière cette déclaration, se cachent d’autres enjeux, tels les moyens de pression de l’UE, les nouveaux contrats d’approvisionnement qu’elle devra alors nouer avec d’autres pays fournisseurs, ou encore les conséquences sur l’économie russe.





